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Mémoires sur les canaux de navigation, et particulièrement sur le canal du centre, autrefois canal du Charolais / par M. Gauthey ... publié par M.Navier
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ce commerce, dont le produit est fondé sur des faits certains, et qui seuls seraientsuffisants pour dédommager les actionnaires, laissant en bénéfice tous les autres,sur lesquels il est difficile d’avoir des renseignements exacts pour en établir laquotité. On verra dans ce mémoire que, par de bonnes informations prises surla quantité de vins que l’on récolte année commune dans les différents vignoblesqui fournissent au commerce de la Loire , et en ne comptant que sur le tiers decette quantité pour le commerce de Paris , il résulte qu’il en passera sur le canalau moins cinquante-quatre mille queues ; cette quantité même paraîtra peuconsidérable lorsque l’on considère qu’il s’en embarque à présent trente millequeues à Roanne, Pouilly et Igrande, et plus de quinze mille queues à Digoin ,qu’il en passe par les voitures de terre une quantité considérable, et que l’on enconduit beaucoup sur l’Yonne , parce qu’il y a plusieurs cantons où cette voierevient moins cher actuellement que celle de la Loire .

On prouve dans ce même mémoire que, de tous les chemins que l’on pourraitprendre, celui du canal du Charolais serait le moins dispendieux, et qu’il y auraitau moins 8 fr. moyennement de bénéfice sur le transport de chaque queue devin. Cet article seul rendra aux actionnaires au moins 230,000 fr.

En second lieu, la plus grande partie du pays que traverse le canal du Charo-lais est remplie de forêts. En ne comptant que sur celles qui sont à moins de troislieues du canal, et sans avoir égard aux bois qui étant à cette distance des rivièrespeuvent s’embarquer directement sur la Loire ou sur la Saône , on trouve qu’ily a plus de soixante-douze mille arpents à couper ; et qu’en mettant en couperéglée ces bois, qui n’ont à présent que très peu de valeur, ils fourniront lacharge de plus de mille bateaux, qui rendront aux propriétaires du canal envi-ron 280,000 fr.

Troisièmement, le transport des charbons de terre, dont plusieurs mines sontsur le canal même où en sont très proches, formera encore un objet de2-i0,000 fr., en ne comptant que sur la même quantité que l’on conduit àLyon depuis Givors , quoiqu’ici l’on ait deux débouchés au lieu d’un, et quele peu de transport qu’il y aura par terre le fera donner à meilleur marchéque celui du Forez et de l’Auvergne, soit sur la Saône, soit sur la Loire .

Les autres objets de commerce du pays sont les blés, les fers, le poisson, leplâtre, les marbres, les pierres à bâtir , les briques et tuiles, les foins etchanvres. Indépendamment de ce commerce, on doit ajouter tout celui qui sefera entre le midi et le levant delà France , et les provinces qui sont au nordet au couchant. qui ne peut pas prendre d’autre voie, puisque le canal se