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Mémoires sur les canaux de navigation, et particulièrement sur le canal du centre, autrefois canal du Charolais / par M. Gauthey ... publié par M.Navier
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Marche, qui passent tous par la Bourgogne pour se répandre de là dans laChampagne, la Franche-Comté et la Lorraine , et que l’on en engage en passant

autant que l’on veut.

ARTICLE VII.

Difficulté de la navigation de la Loire .

Une des principales objections que Von ait formées depuis longtemps contrele canal du Charolais , c’est que, quoique la navigation de Briarc à Digoin soitassez libre en tout temps (voyez M. De Lalande, page 549), elle est cependantpénible et dispendieuse , à cause de la rapidité de la Loire et du peu de pro-fondeur qu’elle prend en été, et de ce qu’il n’y a point de chemin de halagepour les chevaux.

On ne disconviendra pas que la navigation de la Loire ne soit difficile en été;la remontée n’est pas même aisée lorsque les eaux sont bonnes, par rapport à larapidité de cette rivière. Cependant il y passe dans tous les mois de l’année quel-ques bateaux. Il est vrai qu’en été on met la charge d’un bateau dans deux,mais on en fait de même sur la Saône et la Seine . Au reste, si cette rivière n’estpas navigable dans tous les temps de l’année, ce n’est pas qu’elle manque d’eau,mais son lit étant très étendu , et par conséquent peu profond, il se trouveplusieurs passages difficiles où l’on n’a que quarante à cinquante centimètresd’eau. Cependant, malgré ces inconvénients, ce qu’il y a de certain, c’est quele transport est moins cher sur cette rivière que sur la Saône , et même quesur la Seine , parce que l’on y va ordinairement à la voile, et que les frais dehalage se réduisent souvent à rien, au lieu que sur la Saône et la Seine il fauttoujours des chevaux pour remonter, et souvent même pour descendre. Il fautaussi un plus grand nombre de mariniers, et les droits sont plus considérablesque sur la Loire. Quelquefois on descend en trois jours de Digoin à Briarc.Il est vrai que lorsqu’on n’a pas le vent favorable, on en met quelquefois quinzeà vingt, même pour descendre. En remontant on attend le vent, et ce n’estque lorsqu’on est très pressé que l’on fait tirer le bateau ; mais l’on y emploiedes hommes, attendu que les sables mouvants de la Loire , qui change de littrès souvent, empêchent que l’on ne puisse y employer des chevaux (1).

(1) Les blés ne coûtent que 10 c. par lieue en descendant sur la Loire , non compris lesdroits. Sur la Saône ils coûtent 15 cent., et beaucoup plus sur la Seine . En remontant ilscoûtent 18 cent, sur la Loire, et 20 cent, sur la Saône .