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Si le canal du Charolais était fait, il est très probable que l’augmentation ducommerce qui en résulterait engagerait à vaincre absolument les difficultésque l’on rencontre dans la navigation de la Loire , soit en faisant des parties decanaux dans les endroits difficiles, soit même en formant à côté de cette rivièreun canal depuis Digoin jusqu’aux endroits où la navigation devient aisée. Onne doit pas croire qu’un canal de cette espèce fût aussi dispendieux qu’un canalà point de partage. 11 ne faut ici que peu d’écluses, et seulement ce qui est né-cessaire pour ne laisser au canal que la pente ordinaire des rivières dont la navi-gation est facile. Il n’y faut point d’aquéducs sous le canal, parce qu’on y laisseentrer toutes les eaux des ruisseaux, en faisant seulement des déversoirs vis-à-vis des plus grands, pour les faire passer dans la rivière.
Le canal serait placé du côté du Nivernois , au-delà des inondations. Le paysest presque partout en plaine, et dans les endroits où la rivière est encaisséeau-dessous du terrain naturel, on encaisserait aussi le canal. On formerait àl’entrée une écluse avec des portes élevées pour empêcher l’eau des inondationsd’y entrer. On établirait à l’endroit de la prise d’eau des empêlements, quis’abaisseraient d’autant plus que les eaux de la rivière s’élèveraient davantage,de sorte qu’il y en entrerait toujours la même quantité, soit que les eaux fussenthautes ou qu’elles fussent basses. Les levées que l’on formerait avec les fouilles,en garantissant le canal et le pays des inondations, serviraient encore de chemins,et l’on procurerait par ce moyen, à peu de frais, à une grande partie du royaume,une navigation facile sur une rivière qui le traverse par le milieu, ce qui seraitun des projets des plus utiles que l’on puisse exécuter en France , quand mêmeon ne ferait pas le canal du Charolais. Le commerce seul qui se fait actuellementsur la Loire est certainement assez considérable pour engager le gouvernementà porter ses vues sur cet objet. Le canal ne serait nécessaire que de Digoin àdevers. Au-delà de cette ville, l’Ailier qui se joint à la Loire augmente levolume de ces eaux de près de moitié, et la navigation est assez aisée jusqu’àBriare.
ARTICLE VIII.
Difficultés par rapport au canal de Briare.
Une autre objection qui n’est pas non plus sans fondement, c’est que le canalde Briare, sur lequel passerait une grande partie des marchandises que l’onembarquerait sur le canal du Charolais, manque d’eau en été, et n’en aurait