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peut-être pas assez pendant plusieurs mois de l’année pour une augmentationde commerce que procurerait le canal du Charolais.
On répond : 1° que la plus grande partie des marchandises qui passent actuel-lement sur le canal de Briare et qui viennent de la Bourgogne , s’embarquentdéjà à Digoin et sur les autres ports de la Loire , où ils arrivent par terre; parconséquent, que le passage sur le canal de Briare n’augmentera pas autant quel’on est d’abord porté à l’imaginer. Cependant on a tout lieu de croire que lecommerce sera beaucoup augmenté pour les vins, dont une partie se conduitactuellement par terre à Paris, ou sur l’Yonne . Mais comme ce transport se faitpresque tout en hiver et au printemps, et que le canal a beaucoup d’eau pen-dant ce temps, l’objection ne porte pas sur cette espèce de marchandises. On avu que pour les bois, les fers, etc., il en passerait beaucoup plus du côté de laSaône que du côté de la Loire , et que les charbons de terre passeraient à-peu-près également des deux côtés.
Mais l’on observera que, si le canal de Briare n’avait pas assez d’eau poursuffire au commerce qui s’y ferait, il serait aisé de lui faire porter un plus grandnombre de bateaux, sans changer beaucoup de choses à sa construction, quiest défectueuse en quelques points.
Ce canal est le premier que l’on ait fait en France , et il n’est pas étonnant quel’on y ait commis quelques fautes. Mais son point de partage est très bien situé :on y amène presque directement plusieurs ruisseaux qui ont un long cours,et qui reçoivent les eaux d’une étendue de'pays considérable; ces eaux sonttenues en réserve dans plus de trente étangs, et probablement on en pourraitconstruire bien davantage, qui se rempliraient nécessairement, puisque dans leprintemps les eaux sont assez abondantes pour qu’on les emploie à un flottage.Mais la principale faute que l’on ait faite à ce canal, c’est que l’on n’a pas assezbien ménagé l’eau du point de partage. On a donné aux écluses qui en sontproches des hauteurs très différentes entre elles, ce qui est un grand défaut : lapremière écluse du côté de la Loire a 1,76 mètre de chute, et la troisième a4,22 mètres; la première du côté de la Seine a 2,44 mètres, et la septième a3,68 mètres; tandis que si l’on avait donné à toutes ces premières écluses lahauteur moyenne de i ,9a mètre, on aurait épargné exactement la moitié del’eau que l’on dépense pour faire passer les bateaux, sans augmenter le nombredes écluses. On a encore construit à Rogny sept écluses accolées qui occasionnentaussi une grande perte d’eau très inutilement.
Lorsque les propriétaires auront connu les inconvénients de leur canal, et