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SIXIÈME MÉMOIRE
SUR LA COMPARAISON DES CANAUX DE COMMUNICATION DE LA VALLEE DE LA SAONE ET DU RHONE AVEC CEUX DES VALLÉES DE LA LOIRE ET DE LA SEINE .
Juillet 1782.
Il n’en est pas des canaux de navigation comme des grandes routes qui peu-vent être multipliées sans un grand inconvénient. Les canaux entraînent dansdes dépenses beaucoup plus considérables que les chemins : il est important den’en pas faire plusieurs qui aient le même objet.
Depuis longtemps l’on a proposé deux canaux pour la communication desdeux mers par la Bourgogne, l’un qui doit joindre la Saône à la Seine , etl’autre qui doit faire communiquer la Saône à la Loire . L’utilité de cette com-munication par le centre du royaume est si évidente, qu’il y a lieu de penser quesi jusqu’à présent l’on n’a pas travaillé efficacement à l’elTecluer, l’embarras duchoix entre ces deux projets en a été une cause principale ; et effectivement,toutes les fois qu’on a voulu les mettre en concurrence, on a trouvé qu’en enadoptant un seul on abandonnerait des avantages considérables qui ne se trouvaientque dans l’autre, et l’on ne faisait pas assez d’attention qu’ils avaient des objetstrès différents, et que si quelques-uns de leurs avantages leur étaient communspar rapport au commerce entre Lyon et Paris , tous leurs autres objets d’utilitéétaient absolument différents , de sorte que, pour faire jouir la plus grandi*partie de la France de l’avantage de la communication des mers par le centre duroyaume, il était nécessaire de procurer l’établissement des deux canaux.
Si l’on ne s’est guère arrêté qu’à un seul projet pour la communication de laSaône à la Seine, il n’en est pas de même de celle de la Saône à la Loire : troisprojets principaux ont été proposés et examinés avec quelque détail ; mais toustrois ayant à-peu-près les mêmes objets d’utilité, il est très important d’étudieravec attention cl de chercher à connaître exactement quel est celui des trois quiserait le plus avantageux au royaume. parce que celui-ci étant exécuté, il est