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Il faut encore observer que l’on ne pourrait employer toute l'eau du Furandpour le canal, qu’en faisant le plus grand tort aux manufactures de Saint-Étienne .Ce ruisseau ayant beaucoup de pente, donne le mouvement à quantité d’usinesqui servent à forer les canons de fusils, à les polir sur des meules, ainsi que lesautres ouvrages que l’on fabrique en celte ville, qui perdrait tout son commercesi on supprimait ces usines.
Il ne parait pas qu’en perçant la montagne de Saint-Étienne sur une lieue etdemie, ou meme sur deux lieues de longueur, on obtint une quantité d’eaubeaucoup plus grande. Il est vrai qu’en faisant un percement de 7000 mètreson éviterait vingt-quatre écluses, et que l’on prendrait les sources à 52 mètresplus bas que I on pourrait conduire au point de partage le ruisseau d'Ozon, quiserait plus considérable que le Janon , et qu’en faisant ce percement encore plusbas on aurait une quantité d’eau plus considérable. En faisant ce percement de65 mètres au-dessous de la plaine du point de partage projeté, ce percement neserait guère que de 9000 mètres, on éviterait cinquante écluses, et l’on nenuirait pas aux usines de Saint-Étienne , puisque les eaux du Furand ne seraientemployées au canal qu’après avoir mis en mouvement les roues de ces usines.
Mais il ne parait pas que ce soit ici le cas d’un percement, puisque le pointde partage a près de cinq quarts de lieue de longueur, et que l’on ne voit pasque l’on puisse y amener d’autres ruisseaux que ceux indiqués ci-dessus, si cen’est le ruisseau de l’Ozon, qui n’est pas bien considérable.
Enfin il est aisé de se convaincre qu’en admettant que l’on pût disposer d’unequantité d’eau suffisante, ce qui est assez problématique comme on vient de levoir, la dépense de se canal serait des plus considérables, eu égard à la quantitéd’écluses qu’il exigerait, et aux ouvrages extraordinaires qu’il faudrait faire.L’exemple de ce qui est fait donne le plus grand jour à celle vérité. On a com-mencé par la partie qui a le moins de pente, et qui doit être la plus facile: ona cependant été obligé, dans cette partie qui est faite, de construire une grandeportion du canal avec des digues en maçonnerie formant de gros murs de 6 à7 mètres de hauteur, où l’on aura sans doute de la peine à éviter les filtrations,eu egard à la grande hauteur d’eau dont ils sont chargés. 11 y a près de la huitièmepartie de ce canal qui est dans ce genre. Dans d’autres endroits le canal est en-tièrement percé dans le roc vif. Ailleurs on a fait un percement presque aussilong que celui de Malpas au canal de Languedoc , et beaucoup plus difficile àexécuter, et seulement pour éviter de placer le canal contre des rochers, quoi-que le chemin n’eût pas été beaucoup plus long, mais seulement parce qu’on y