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Mémoires sur les canaux de navigation, et particulièrement sur le canal du centre, autrefois canal du Charolais / par M. Gauthey ... publié par M.Navier
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les autres. Il est même assez évident qui si ce dernier canal était fait, les deuxautres seraient d’une médiocre utilité.

Au reste, quand toutes choses seraient égales de part et d'autre, ce qui déci-dera toujours invinciblement la préférence pour le canal du Charolais, c’est lepeu de dépense qu’il exige eu égard à celle qu’il faut faire, pour établir tous lesautres canaux; c’est la facilité singulière de son exécution, produite par l’heu-reuse position où il se trouve, au moyen du vallon naturel où est placé son pointde partage, vallon qui forme une interruption réelle à la grande chaîne de mon-tagnes qui sépare les rivières de l’occident de la France de celles de l’orient;tandis que, dans tous les autres canaux, il faut franchir cette chaîne, soit pardes percements de montagnes, soit par un si grand nombre d’écluses que l’onpourrait à peine faire trois lieues par jour.

Dans le canal du Charolais, on ne verra aucun de ces travaux énormes quisont presque toujours des monuments d’ostentation plutôt que d’utilité, qui n’ontsouvent que le vain mérite de la difficulté vaincue, mérite trop apprécié sansdoute par des enthousiastes, et qui loin d’être encouragé devrait être proscritpar l’animadversion publique, parce qu’il est toujours au détriment du peuple.

Il n’y a point dans ce canal de ces ouvrages effrayants absolument indispen-sables dans les autres, aucune de ces tranchées d’une trop grande profondeur,aucun de ces murs épais pour en soutenir le lit contre des rochers à plusieursmètres de hauteur au-dessus du vallon, aucun de ces percements de rochers,de ces trouées de montagnes, où l’air circulant à peine par le moyen des puitsprofonds, joint à la fraîcheur extraordinaire qui y règne, met en danger lasanté des mariniers, et où la grande résistance qu’oppose au mouvement dubateau l’eau resserrée dans un canal qui est toujours étroit pour ne pas tomberdans des dépenses énormes, occasionne une augmentation considérable dans letemps du passage , ou dans le nombre des hommes que l’on emploie à faire letirage, outre que l’on ne peut pas y employer des chevaux qui coûteraientbeaucoup moins. On n’y verra enfin aucun de ces travaux immenses quiétonnent par leur hardiesse et leur singularité lorsqu’on en fait seulement le récit,mais dont les incommodités et les inconvénients qu’on y remarque lorsqu’on lesvoit de près, font changer l’admiration en regrets.

Dans le canal du Charolais, au lieu d’aller chercher à grands frais des eauxfort éloignées, et de les amener dans des lits factices sujets à mille accidents,ces eaux, rassemblées naturellement dans des ruisseaux qui ne peuvent en lais-ser perdre aucune partie, viennent sans art comme sans contrainte presque