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Mémoires sur les canaux de navigation, et particulièrement sur le canal du centre, autrefois canal du Charolais / par M. Gauthey ... publié par M.Navier
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jusqu'à leur destination, et s'il faut que l’art aide à la nature, celle-ci ne lui apresque rien laissé à faire : elle a pour ainsi dire rassemblé exprès et au mêmelieu trois rivières pour fournir à une navigation toute préparée et indiquée parle local seul : position unique sans doute, et dont on chercherait en vain unexemple dans tout le reste de la chaîne de montagnes qui séparent les sources(jui coulent d’une part dans l’Océan, et de l’autre dans la Méditerranée.

Si les sécheresses de l’été diminuaient assez ces sources pour empêcher qu’ellespuissent suffire à une navigation très abondante, la nature n’a pas mêmelaissé à l’art le soin de conserver l’eau des hivers et celle des pluies abondantesde l’été : l’étang de Long-Pendu et une quantité d’autres étangs voisins qui ycommuniquent, indépendamment de ceux que l’on peut encore établir dans lesenvirons, se trouvent faits, et contiennent ensemble une quantité d’eau com-parable à celle que l’on rassemble au réservoir de Saint-Fériol pour le canal duLanguedoc .

Après avoir démontré, à ce que je crois, sans réplique, que si le canal duCharolais s’exécute il sera inutile de construire le canal du Forez, et celui duBeaujolais, qui n’ont que les même objets, et qui les rempliraient avec beaucoupmoins d’avantage que celui-ci, il me reste à faire voir que, quoique ce mêmecanal du Charolais remplisse la plupart des objets que remplirait aussi le grandcanal de Bourgogne , quoiqu’il ne soit pas plus long, et qu’il coûte beaucoupmoins cher, cependant le canal de Bourgogne serait très utile pour d’autres objetsde commerce, et qu’il y aura de l’avantage à le faire, même après la construc-tion de celui du Charolais.

dp«uirsognc. l c C anal de Bourgogne passe par un pays assez bon, qui peut en général sepasser des blés cl des vins des autres pays. Il ne manque pas de bois : il y auramême une partie de ceux des environs de Dijon , et jusqu’à la source de l’Ouche.qui pourront se transporter sur la Saône . Les bois le long de l’Armcnçon, quine laissent pas que d’être abondants , se conduisent déjà à Paris par le flottage,et le canal ne serait pas utile pour leur transport; mais on transportera par cecanal, sur la Saône,les blés de l’Auxois et des vallées voisines qui en fournissenten abondance, et ce sera là son principal commerce d’exportation, qui n’a riende commun avec les autres canaux, sur lesquels on ne transportera ces blés quedans des temps de disette, où il en faudra faire passer dans des provinces où ilen manque. Les fers du baillage de Dijon et de Châtillon s’embarqueront aussisur ce canal, ainsi que les vins de la côte de Dijon à Beaune . qui s’embarque-raient difficilement sur le canal du Charolais.