Buch 
Mémoires sur les canaux de navigation, et particulièrement sur le canal du centre, autrefois canal du Charolais / par M. Gauthey ... publié par M.Navier
Entstehung
Seite
208
JPEG-Download
 

— 208 —

l’histoire ne fait même aucune mention. L’interruption du commerce, causéepar l’invasion des barbares qui détruisirent l’empire romain, on a laissé se com-bler la plus grande partie. D’ailleurs le manque de sas à écluses, que les Romainsne connaissaient pas, rendaient ces ouvrages très imparfaits, et il n’est pas éton-nant que la plupart de ceux qui avaient été entrepris dans ce temps aient étéabandonnés.

La découverte des sas à écluses a donné enfin le moyen d’assurer incontesta-blement l’exécution de presque tous les projets que l’on entreprend dans ce genre.On a pu établir des chemins par eau dans les endroits même où la nature n’avaitplacé aucun ruisseau. Les bateaux ont pu traverser des montagnes rapides. Ona transporté les eaux d’une rivière dans une autre, qui avait quelquefois unedirection fort opposée à celle de la première. On a réuni par le milieu des con-tinents les mers qu’ils séparaient. Les eaux des ruisseaux, qui ne pouvaientformer des amas un peu considérables que fort loin de leurs sources, et dansdifférents endroits épars, ont été rassemblées près de leur origine, et en les réu-nissant en grande quantité on a formé d’immenses réservoirs, où le volume deseaux qui tombent irrégulièrement sur la surface de la terre en différentes sai-sons, peut être ménagé pour en former des cours permanents, qui ne laissent àcraindre ni la sécheresse des étés, ni les inondations produites ordinairementpar les pluies abondantes. On a enfin trouvé les moyens de diriger, pour la plusgrande utilité du commerce, ces eaux rassemblées, pour ne s’en servir qu’aubesoin et à volonté.

Différentes espèces de canaux.

Les canaux de navigation sont de différentes espèces : les uns, tels que ceuxdu Languedoc et de Briare, tirent leurs eaux d’an point de partage où ellessont rassemblées de différentes sources ou ruisseaux que l'on y conduit.

D’autres, tels que celui qui joint la Somme à l’Oise , ont pour objet de fairecommuniquer deux rivières dont l’une est plus élevée que l’autre.

Dans quelques-uns, il est question de côtoyer de grandes rivières qui n’offrentqu’une navigation difficile par elles-mêmes, soit par leur trop grande rapidité,soit par les rochers, dont leur lit est parsemé, soit par la quantité de sablesqu’elles entraînent.

Dans d’autres, on n’a pour objet que de profiter d’une petite rivière qui n’estpas navigable, parce qu’elle ne fournit qu’une médiocre quantité d’eau qui ne