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tère de M. Colbert. L’intendant et les élus de Bourgogne furent chargés de fairefaire en leur présence l’examen de ce projet, par M. Franchini, intendant deseaux, habile ingénieur, qui était alors chargé de la distribution des eaux dujardin de Versailles : on lui adjoignit le sieur Chamois , architecte du roi. Ilsreconnurent ce projet très possible, mais ils crurent qu’il suffisait de rendre lesrivières de Dheune et de Bourbince navigables, au moyen d’écluses construitesdans leur lit; ils firent en conséquence un projet dont l’exécution fut ordonnée.Le roi fit demander la même année, par ses commissaires, aux états de Bourgogne ,assemblés en 1663, de contribuer par moitié à la dépense qu’il conviendrait defaire pour ce canal, et, sur cette demande, les états accordèrent une somme de600,000 livres, payable en quatre années, à condition que le roi payerait lereste, sans que la province fût obligée de fournir une plus grande somme, etque les 600,000 livres seraient spécialement affectées aux remboursements despropriétaires de fonds. Le roi, sur leur demande, établit une crue sur le selpour payer cet impôt. L’adjudication fut publiée en 1666, dans les villes deDijon , Châlons , Bcaune, etc. Ce fut dans ce même temps que M. Riquet occu-pait le gouvernement du canal de Languedoc; il venait de faire faire la rigoled’épreuve, pour amener l’eau à ce canal; ce qui décida définitivement le gou-vernement à tourner toutes ses vues de ce côté pour un temps. On fit faire ledevis du canal du Languedoc en 1666, et on le commença la même année.Le 19 février 1667, il y eut un arrêt du conseil par lequel le roi déclarait qu’ildifférait pour quelque temps l’exécution du canal du Charolais, et autorisaitles élus de Bourgogne à employer la somme de 600,000 livres, qui avait étéaccordée par les états, partie à l’établissement de manufactures, partie en rem-boursements.
Le canal du Languedoc ayant été fini en 1682, Louis XIV entreprit de fairevenir la rivière d'Eure à Versailles , et fit construire l’aquéduc de Maintenon ,que l’on abandonna depuis.
Les dépenses d’un autre genre qu’il faisait pour la fortification des places em-pêchèrent qu’on s’occupât davantage de projets de canaux. Cependant M. lemaréchal de Vauban , qui, malgré la quantité de places qu’il avait fortifiées, neportait pas moins ses vues sur le commerce général du royaume, voyant que lecanal de jonction de la Saône à la Loire était le principal objet sur lequel il fallaitdiriger l’attention du gouvernement, chargea, en 1689, M. Thomassin, ingé-nieur du roi, d’axaminer les projets des canaux proposés en Bourgogne : cetingénieur s’attacha principalement au canal du Charolais; il y a même apparence