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qu’il en fit alors le nivellement complet depuis la Saône jusqu’à la Loire , maisce projet ne parut pas alors : la fin malheureuse du règne de Louis XIV n’étaitpas propre à entreprendre ces grands ouvrages , et l’on n’en parla plus.
Cependant, sous la régence, le même M. Thomassin fut encore chargé ,en 1719, par M. le régent, sur la demande de M. de Yauban, neveu du maré-chal, et de MM. les élus de Bourgogne , de faire l’examen des deux projets descanaux du Charolaiset de Bourgogne , et, après les avoir examinés avec soin, etfait les opérations nécessaires pour pouvoir les juger tous deux, il se déterminaabsolument pour le canal du Charolais. Il en leva le plan en 1720, et fit unprojet qui fut examiné et approuvé par le père Sébastien, de l’académie, et parM. de Régemorte. Ce projet n’a pas été publié, et, quelques recherches quej’aie faites à Autun , où l’on m’avait assuré qu’étaient les papiers de M. Tho-massin, je n’ai rien pu découvrir sur cet objet. Tout ce que l’on en sait, c’estque M. Thomassin suivait complètement les rivières de Dheune et de Bourbince,depuis Chauvort jusqu’à Digoin ; qu’il avait trouvé qu’il y avait soixante-seizeécluses, et qu’il portait la dépense à dix millions. Le sieur Gaulhcy a encore vu,à Sainl-Julicn-sur-Dhcune, un vieillard qui lui a dit qu’il avait aidé M. Tho-massin dans ses opérations, et qu’il lui avait montré tous les étangs des en-virons.
M. de Châtelnot, dans le même temps, avait fait un mémoire pour établirla préférence que devait avoir, selon lui, le canal dont le point de partage serait àPouilly, en Auxois, sur un autre projet du meme genre, dont on plaçait le pointde partage à Sombernon, et sur celui de Long-Pendu. M. Thomassin, en discu-tant ces différents projets, dit les raisons qu’il avait eues pour préférer celui duCharolais. M. Lajonchère fit plusieurs écrits pour défendre le projet par Som-bernon , qu’il avait proposé, et combattre celui de Pouilly. Ces questions polé-miques occupèrent pendant longtemps les Bourguignons, et quelques habitantsde la capitale de cette province crurent devoir porter tous leurs soins à faireréussir le projet du canal de la Saône à la Seine qui devait passer par Dijon (i).
( 1 ) Parmi les divers écrits publiés à l’occasion du canal du Charolais, on doit distinguer leMémoire sur les canaux qu'on peut construire en Bourgogne , et particulièrement sur celui(lotit le lac de Long-Pendu formerait le point de partage. Cet écrit, qui a paru en 1775 sansnom d’auteur, mais qu’on sait être de M. Villedieu de Torcy, l’un des plus grands propriétaireset des premiers magistrats de la Bourgogne , contient l’exposé le plus lumineux des motifs depréférence que présentait le projet du canal du Charolais sur celui du canal de Dijon . Il est citédans l’Iiistoirc des Canaux de M. de Lalande, page 252.