— 239 -
Us demandèrent à M. le duc Henri de Bourbon , qui avait succédé à AI. le régent,et qui était alors premier ministre et gouverneur de la province, de faire faireun nouvel examen des projets par Pouilly ou par Sombernon. On proposa à ceprince, pour cette opération, le sieur Abeille, entrepreneur des ouvrages duport de Cette. Le ministre adressa cet entrepreneur à ADI. les élus, qui le char-gèrent de faire l’examen des deux projets; ils engagèrent aussi AI. Gabriel, premieringénieur des ponts et chaussées, qui était alors en Bourgogne pour faire leprojet du pont de Seure, de faire cet examen avec AI. Abeille; cet ingénieur etle sieur Abeille se transportèrent effectivement sur les lieux, et dans leur rap-port ils donnèrent la préférence à celui de Pouilly ; en conséquence MAI. les éluschargèrent AI. Abeille de faire les détails de ce projet par Pouilly, et il le publiaen 1727; mais dans l’épilre dédicatoirc, qui est à la tête de ce projet, il critiquasingulièrement le projet du canal du Charolais, afin que l'on donnât la préférenceau sien. AI. Thomassin y répondit , et publia différentes dissertations en formede lettres dans lesquelles il critique aussi très fortement le projet du canal adoptépar AI. Abeille, et cherche à établir la préférence que devait avoir, selon lui,le canal du Charolais. On répondit à ses observations : il répliqua, fit une se-conde édition de ses lettres, et, en 1753, il fit imprimer de nouveaux mémoiresdans lesquels il compare enfin, mais très succinctement, les deux projets. Il fitbeaucoup de bruit, il défendit l’un avec vigueur, attaqua l’autre peut-être avectrop d’animosité, et ses écrits ne produisirent dans les esprits que de l’indécision.Us empêchèrent peut-être qu’on ne mit la main à l’œuvre pour l’un ou l’autreprojet; AI. Abeille, quoique versé dans cette partie, et ayant fait un projet peut-être aussi bon qu’il peut l’être, et où il n’y a pas même apparence que l’on fassede grands changements, n’était pas aussi bon ingénieur que AI. Thomassin. Ilne donna que de faibles raisons pour défendre le projet qu’il avait adopté, etn’en put pas donner de fortes pour combattre le piojct du canal du Charolais,qu’il ne connaissait pas et où il n’avait jamais été, et tout resta là.
On aurait beaucoup mieux fait de concilier les deux projets, en faisant voirque l’un des deux canaux ne nuisait pas plus à l’autre que celui du Languedoc ,que l’on avait mis en 1715 en comparaison avec celui du Charolais, et le canalque l’on pourrait faire pour joindre la Saône à la Aloselle ou à la Aleuse nepourrait leur être nuisible. Ces quatre canaux ont pour objet la communicationdes deux mers : le premier opère celte jonction par la Garonne , le second parla Loire, le troisième par la Seine , le quatrième par la Meuse ou la Aloselle.Chacun de ccs canaux a donc ses branches de commerce particulières, et toutes