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Mémoires sur les canaux de navigation, et particulièrement sur le canal du centre, autrefois canal du Charolais / par M. Gauthey ... publié par M.Navier
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peut-être également utiles, si lon veut que tout le royaume profite des avan-tages de ces communications.

QuoiqueM. Thomassin ait beaucoup écrit sur les canaux, et que ses ouvragessoient encore ce quil y a de mieux sur celle matière, malgré plusieurs erreurs,néanmoins il na publié aucun détail du projet du canal du Charolais, quil acependant certainement fait en entier. On ne conçoit pas pourquoi il a tenucachées ses opérations et son projet : il était tout naturel quen lopposant à celuidu canal de Bourgogne , dont M. Abeille avait donné les plans et fait imprimerune espèce de devis et un estimatif assez détaillé pour pouvoir en juger avecconnaissance de cause, M. Thomassin fit imprimer un devis et un estimatifpareil, afin que lon pût juger, par la comparaison de lun et de lautre, lequeldes deux on devait entreprendre le premier, ou si lon devait les entreprendretous deux.

M. Thomassin na donné quune comparaison succincte de la longueur desdeux canaux et du nombre de leurs écluses; encore sest-il trompé assez consi-dérablement dans lestimation des longueurs. Il trouve que par le canal du Cha-rolais il y aurait 126 lieues de Lyon à Paris et quil ny en aurait que 118 parle canal de Bourgogne , en quoi il sc trompe à son désavantage; puisque celtelongueur, mesurée exactement sur la grande carte de Cassini, nest véritable-ment plus petite que dune lieue par le canal de Bourgogne que par celui duCharolais. À légard du nombre des écluses, il dit quil ny en aura que 76de 2,6 mètres de cliûte, au lieu quil y en a 80 : il ne séloigne donc pas beau-coup ici du vrai. Il porte aussi la dépense à 10 millions, ce qui excède mêmelestimation actuelle, surtout, eu égard à la différence de valeur des ouvrages,au temps il a fait cette estimation , à leur valeur actuelle. Mais il nemployaitpour le canal que les étangs de Long-Pendu et des environs, qui nauraientréellement pu fournir quà une très petite navigation, et ne forment pas lequart de toutes les eaux que lon peut rassembler dailleurs.

On voit donc que M. Thomassin avait réellement fait un projet détaillé dece canal, et quil était assurément de bonne foi, puisque scs erreurs sont audésavantage de la cause quil voulait soutenir.

M. de Lalande semble croire que M. Thomassin ne donna la préférence aucanal du Charolais que parce que M. le duc dOrléans , régent, sintéressait à lajonction de la Saône à la Loire , à cause des canaux dOrléans et Loing qui luiappartenaient , et à cause de M. de Vauban qui avait ses terres dans le Charolais.Mais lorsquil fut renvoyé en 1696 par le maréchal de Vauban, son avis avait