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Mémoires sur les canaux de navigation, et particulièrement sur le canal du centre, autrefois canal du Charolais / par M. Gauthey ... publié par M.Navier
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déjà été pour faire ce canal de préférence à lautre; et, en examinant la situationde la terre de Yauban, située seulement à trois lieues de la Loire et à six lieuesau nord de Paray , qui est lendroit le canal se rapproche le plus de cetteterre, on voit aisément que ce canal ne peut nullement être utile au proprié-taire, puisquil aurait bien plutôt conduit ses bois sur la Loire que sur le canal.

M. Thomassin fit sans doute une grande faute de ne point publier son projet.Celui du canal par Dijon étant fait avec assez de détail pour que lon put jugerde la possibilité et de la dépense, on sattacha à celui-ci seulement, et, en diffé-rents temps, on fit quelques tentatives pour le mettre à exécution, sans plussonger à celui du Charolais.

M. Marchand Despinacy sollicita, en 1729, des lettres-patentes pour faire cecanal par Dijon à ses frais ; mais elles neurent pas de suite. Un M. Despuler.en se fondant sur les prétendues lettres-patentes de M. Despinacy, dont il pré-tendait avoir acquis le droit, chercha, en 1763, à former une compagnie pourmettre ce projet à exécution ; mais la veuve de M. Abeille sopposa, en 1764, àla concession du privilège que demandait M. Despuler, représentant que M.Abeille étant seul auteur du projet, elle méritait la préférence. Il résulta seule-ment de cette discussion un arrêt du conseil, déclarant que personne ne pourraitse dire propriétaire du privilège dexécuter le canal, puisque ce privilège navaitjamais été accordé à personne. Si ces dernières tentatives furent vaines et infruc-tueuses, elles réveillèrent du moins lattention du gouvernement sur ce canal.MM. Perronetet de Chézy furent envoyés en Bourgogne , en 1764, par M. Bertin,ministre détat, pour examiner de nouveau le projet en détail ; on les chargeamême dexaminer aussi celui du Charolais. Us se rendirent sur les lieux à la finde 1764, et firent leur rapport en 1763. Ils disent dans ce rapport, à loccasiondu canal du Charolais, que le point de partage de ce canal est de 93 mètres (1)moins élevé que celui du canal de Bourgogne , mais que les eaux qui sont con-duites dans les étangs de Mont-Chanin et de Long-Pendu, et qui alimenteraientle point de partage, faisant seulement tourner deux moulins, ne peuvent êtreévaluées quà 500 pouces pendant les six mois de lannée les moins pluvieux ,tandis que les eaux dont on peut disposer pour le canal de Bourgogne , pendantces mêmes six mois, montent à près de 1300 pouces; quil se trouve effective-ment près de Long-Pendu des terrains plus élevés que le point de partage, etque lon pourrait peut-être y former des étangs ou retenues pour alimenter ce

(i) Il ny a que 87,4 mètres.