243 —
le pont de Panis jusques près de Vilteaux, on pouvait diminuer la longueurtotale de ce canal de S à 6 lieues , et le nombre des écluses de plus de quarante,et avoir une quantité d’eau au point de partage au moins double de celle quel’on aurait en suivant le projet de M. Abeille. Il fit même faire quelques puitsd’épreuve; mais, malgré ces avantages, les inconvénients des canaux souterrainsd’une aussi grande étendue que celui-ci sont si considérables et la dépense estsi grande, qu’il n’y a pas apparence que son projet eût été approuvé, puisqu'ily a des moyens d’éviter ce percement : aussi n’a-t-on pas entendu parler de ceprojet; et lorsqu’on a commencé les travaux de ce canal, en 1773, il ne paraitpas que l’on se soit occupé de cette idée.
Le sieur Gaullicy, alors sous-ingénieur des ponts cl chaussées de Bourgogne ,avait reçu, en 1764, quelques ouvertures de la part de M. Despuler, pour êtreemployé dans les travaux du canal de Bourgogne . 11 chercha à connaître ce projetdans tous ses détails ; il se procura au greffe des états une communication detous les papiers et de tout ce qui avait été fait et écrit sur cette matière, en fitdes extraits; il prit même copie du plan général de ce canal par extrait, et vit,par les ouvrages de M. Thomassin, que, quoiqu’il eût effectivement plus écritsur les canaux que qui que ce fût ne l’avait fait avant lui, il n’avait encore faitqu’effleurer la matière; il chercha à l’étudier dans tous ses détails, se transportamême le long d’une grande partie du canal de Bourgogne et au point de partagepour examiner les moyens qu’avait proposés M. Abeille pour y conduire les eaux.
Le sieur Gauthey fut ensuite chargé , en 1767, de tracer un chemin de Châ-lons à Toulon-sur-Arroux, qui devait passer près du point de partage du canaldu Charolais. Il avait eu communication du rapport de MM. Perronet et deChézy, sur le projet de ce canal : en traçant ce chemin, et faisant le nivellementdes montées et des descentes, pour en régler les pentes, il remarqua qu’il setrouvait, à une lieue environ du point de partage, la petite rivière du Gratoux,beaucoup plus considérable que celles de Dheune et de Bourbince, sur les-quelles seulement M. Perronet avait compté pour alimenter ce point de partage.Il fit construire quelque temps après sur ce ruisseau un pont de plus de 6,3 mèt.d’ouverture, et vit qu’à peine ce pont était suffisant pour faire passer les eauxpendant les inondations qui étaient assez fréquentes, et qu’en été même lesquatre ruisseaux qui formaient cette rivière faisaient chacun tourner un mou-lin bien au-dessus du niveau où devait être le point de partage. Il fit quelquesnivellements en remontant cette petite rivière, et en remontant la Bourbincedepuis l’endroit où le chemin la traversait jusqu’à l’étang de Mont-Chanin, où