devait être le point de partage, et il trouva qu’il faudrait peu remonter la pre-mière pour rencontrer le niveau de ce point de partage, et qu’il serait aisé del’y conduire par une rigole qui n’aurait pas plus de trois à quatre lieues de lon-gueur, tandis que celles que l’on avait projetées pour le canal de Bourgogne étaient au moins deux fois plus longues. En poursuivant son nivellement duchemin de Châlons à Toulon jusqu’à la rivière de Sorme, près de Saint-Nizier,il reconnut encore que cette rivière, beaucoup plus considérable que la pre-mière , pouvait aussi être conduite au point de partage, en la joignant à lapremière par une rigole dont il reconnut la possibilité. Ces découvertes, quiéchappèrent à MM. Perronet et de Chézy, puisqu’ils avaient dit que l’on neconnaissait point de sources aux environ de l’étang de Mont-Chanin qui pussent yêtre conduites, engagèrent le sieur Gauthey à pousser ses recherches encore plusloin. Il reconnut aussi que la Bourbince, à deux lieues environ de l’étang deMont-Chanin, recevait une autre rivière, venant du mont Saint-Vincent, plusforte même que celle du Gratoux, et qu’elle pouvait être conduite au point departage , avec autant de facilité pour le moins que la première. Il prit même despoints de nivellement sur les montagnes voisines, et reconnut que le point departage de Long-Pendu se trouvait dans un point fort bas de la chaîne de mon-tagnes qui fait la séparation des ruisseaux qui vont dans l’Océan d’une part etdans la Méditerranée de l’autre ; et qu’étant dominé par beaucoup de montagnesdes environs, toutes beaucoup plus élevées que ce point de partage, tous lesruisseaux qui prenaient leur sources dans ces montagnes, et qui avaient pour laplupart beaucoup de pente, pouvaient, au moyen de rigoles à qui l’on donne-rait moins de pente qu’à ces ruisseaux, être conduits au point de partage ; que,par conséquent, les 300 pouces d’eau que fournissaient les sources de la Dheuneet de la Bourbince, pour alimenter le canal, n’étaient qu’une petite portion deseaux dont on pouvait disposer, et qu’ainsi la principale objection que formaitM. Perronet contre ce projet était nulle, puisque les sources qu’il croyait quin’existaient pas aux environs du point de partage y existaient réellement entrès grande quantité, et paraissaient devoir fournir une quantité d’eau beaucoupplus grande que celle que M. de Chézy avait reconnue pouvoir être conduiteau point de partage du canal de Bourgogne . Il examina aussi les autres objectionsdu rapport de MM. Perronet et de Chézy, et trouva qu’elles n’étaient pas inso-lubles : il remarqua même plusieurs avantages que le canal du Charolais au-rait sur celui de Bourgogne .
Il communiqua ses idées à plusieurs personnes de la province, et particuliè-