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commencé par Pouilly, on ne devrait pas encore lui donner la préférence . àcause des inconvénients essentiels auxquels il serait sujet.
Le premier inconvénient serait de traverser le Charolais, pays assez mauvaiset peu intéressant, en comparaison de Yiücaux, Montbart, Tonnerre, Saint-Florentin et Brinon, que l’on abandonnerait.
Le second est de faire quarante lieues de navigation sur la Loire, rivière trèsdifficile à descendre en été, à cause de son peu de profondeur, les bateaux n’ypassant qu’à 35 à 40 centimètres d’eau, encore les mariniers sont-ils souventobligés de se mettre dans l’eau pour détourner avec des pelles le sable, et sefaire un passage. Elle est encore bien plus difficile à remonter à cause de salargeur et de l’inconstance de son lit et des bancs de sable, qui ne permettentpas de faire un chemin de tirage à portée des chevaux. Ainsi, de Lyon à Paris ,la navigation serait très difficile; mais il n’y en aurait point d’assurée de Paris à Lyon .
Le troisième est de faire passer les bateaux par les canaux de Briare et deLoing. Ces canaux suffisent à peine pour leur navigation actuelle, qui est fortgênée en été, pendant plusieurs mois, faute d’eau. Comment pourrait-on yajouter une autre navigation, qui doit au moins lui être égale?
Le quatrième est que ces canaux n’appartenant pas au roi, ni au public, lespropriétaires y perçoivent des droits qui montent, à ce que l’on prétend, chaqueannée, tous frais faits, à 500,000 fr. Pour donner par ces canaux la mêmeliberté et franchise que par celui de Pouilly , il faudrait en acheter la propriété,qui coûterait certainement plus qu’on n’aurait eu l’intention d’épargner.
Le cinquième inconvénient est que le trajet entier, de Lyon à Paris , serait detreize lieues plus long par les étangs de Long-Pendu, sans aucun avantage, et,au contraire, puisque la navigation par la Loire serait bien plus difficile que parl’Yonne .
M. Pcrronet finit son mémoire par dire que, quoique les écrits de M. Tho-massin, contre le canal de Pouilly, et en faveur de celui de Long-Pendu, necontiennent rien de précis, mais des discours vagues et exgérés, ils ont néan-moins donné lieu dans le temps à beaucoup d'incertitude et ont empêché de fairece canal ; mais que depuis 25 ans environ la question a paru toul-à-fait décidée,et que l’on n’a plus pensé qu’au canal par Pouilly, d’après la proposition deM. Abeille et les avis de M. Gabriel, premier inspecteur des ponts et chaussées,de M. deRegemorte, l'aîné, et enfin d’après l’examen qu’il en avait fait en 1765,par les ordres de M. Bertin, ministre; qu’il résulte du mémoire très détaillé