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qu'il a fait alors avec M. de Chézy, en date du 28 décembre de la même année,qu’il ne se trouvait point, à beaucoup près, assez d’eau pour établir cette navi-gation par les étangs de Long-Pendu , et qu’il était préférable à tous égardsd’établir le point de partage à Pouilly, où l’on pouvait rassembler plus de 2000pouces d’eau, même en temps de sécheresse; que ce projet a été adopté parM. Berlin , M. l’abbé Terray et M. de Trudainc, et que l’exécution en avait étécommencée depuis deux ans; qu’il pense que l’on trouvera dans les mémoires,et dans ce qui vient d’être dit, des motifs assez bien établis pour que l’on nedoive plus mettre en question lequel de ces deux dilîérents projets devait êtrepréféré.
M. Perronet finit par dire : « Au surplus, M. Gauthey, que l’on a indiqué à»M. Turgot pour la vérification du projet par les étangs de Long-Pendu, est un«des sous-ingénieurs de la Bourgogne : il sort de l’école des ponts et chaussées,»c’est un homme fort instruit et de bonne conduite, il serait très en état de faire»cct examen, s’il y avait lieu d’espérer que l’on pût retirer quelque utilité de»son travail, ce qu’il est bien éloigné de penser, à cause des inconvénients réels«qu’il y aurait à établir la navigation par la Loire et les canaux de Briare et de«Loing. »
M. Damas d’Anlezy adressa au sieur Gauthey, Je 2 mars suivant, de la partde M. Turgot, ce mémoire avec la lettre qui y avait donné lieu, en lui mar-quant que les personnes qui favorisaient le canal de Pouilly pressaient infini-ment M. le contrôleur-général de lui donner la préférence; qu’il priait le sieurGauthey de faire promptement une réponse au mémoire de M. Perronet, prin-cipalement , et de s’attacher surtout à prouver que l’eau ne manquerait pas aucanal de Long-Pendu, qu’il ajouterait lui-même ce qu’il fallait dire sur l’objec-tion faite par rapport au canal de Briare, et qu’il ferait observer, surtout auministre, que M. Perronet s’occupe uniquement de la navigation de Lyon àParis , qui ne doit pas fixer toute sont attention. « Enfin, dit-il, monsieur, nous«n’avons en vue, vous et moi, que le bien public : si nous ne pouvons pas le«faire dans ce moment , nous aurons du moins la satisfaction de l’avoir tenté. «
Le sieur Gauthey fil aussitôt un mémoire succinct en réponse au mémoire deM. Perronet, et il y joignit, d’après les cartes de France , de M. Cassini, unecarte des ruisseaux de Torcy et de Marigni, qui pouvaient fournir l’eau aupoint de partage, en indiquant les endroits où il avait trouvé avec le niveau,que l’on pouvait remonter ces ruisseaux pour être au-dessous de l’état de Mont-Chanin, et pour qu’ils pussent y être conduits. Il joignit aussi une carte du