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Mémoires sur les canaux de navigation, et particulièrement sur le canal du centre, autrefois canal du Charolais / par M. Gauthey ... publié par M.Navier
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de Bourgogne , celui-ci fit le sien, où, en approuvant beaucoup le projet en lui-uaênie, il ne parlait pas de même des moyens que proposaient MM. de Brancionpour le faire exécuter, et les lettres-patentes, quoique sollicitées par M. le princede Condé, M. le prince de Montbarrey, alors ministre de la guerre, et mêmepar M. de Maurepas, ne leur furent promises qu’à condition qu’ils produiraientune compagnie qui donnerait des sûretés pour la fourniture des fonds.

En cela l’avis de M. l’intendant ne fut cependant pas suivi à la lettre : car ilvoulait que l’on commençât d’abord par s’assurer du consentement des seigneurset propriétaires riverains, pour éviter une foule de procès qu’il prévoyait, no-tamment de la part de M. de Thelis et de ses adhérents. Il faisait de plus beau-coup d’autres objections; par exemple : 1° qu’il faudrait pouvoir rassembler troismille ouvriers par jour pour faire le canal en dix ans, comme on le proposait,et qu’il avait l’expérience qu’il serait difficile d’en rassembler quinze cents, cequi reculerait du double l’époque de la jouissance.

2° En calculant les intérêts des dix millions qu’il devait coûter, il concluaitque jamais le produit de ce canal n’équivaudrait à sa dépense.

3° Que la Loire était à sec pendant six mois de l’année, et que le eanal deBriare ne fournissait pas assez d’eau pour une augmentation dans sa navigation.

4° Que le commerce de Lyon prendrait toujours la voie de terre pour porterses marchandises sur la Loire à Roanne , ce qui serait moins cher que de prendrela voie du canal avec les droits qu’on y mettrait.

3° Que la largeur de 35 mètres que l’on demandait pour l’emplacement ducanal était trop considérable et nuirait à l’agriculture du pays.

6° Que le droit du propriétaire d’avoir seul des bateaux était contraire à laliberté du commerce.

7° Que le parlement voudrait se réserver le droit déjuger des discussions, etnon les laisser juger par le commissaire départi.

8° Que l’Arroux devant être bientôt rendu navigable, il serait facile dejoindre cette rivière avec le grand canal de Bourgogne , et qu’alors le canal duCharolais perdrait le peu de commerce qu’il pouvait avoir.

Quoique la plupart de ces objections ne fussent rien moins que bien fondées,elles étaient néanmoins accréditées, soit par l’autorité d’un homme en place, quiavait du mérite et même des connaissances acquises dans cette partie, soit pardes déclamations et par des mémoires imprimés par M. de Thelis, et mêmerépandus avec assez de profusion. Ce seigneur voulait accréditer le projet qu’ilavait proposé de se contenter de rendre navigables les rivières de Dlieune et de

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