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Les capitalistes queM. Dclglat voulait intéresser dans l’affaire disaient qu’ilsne voyaient dans les propositions de MM. de Brancion qu’un emprunt de7 millions, et non une entreprise par action; et les conditions leurs paraissaientsi peu avantageuses qu’ils y avaient renoncé. On ajoutait que l’on devait inférerdes propositions de MM. de Brancion, qu’ils voulaient se faire de la concessionde leur privilège un revenu qui, considérable dès la première année, pouvaitaugmenter jusqu’à un million dans quatorze ans, en restant seuls propriétairesde toute l’entreprise, sans qu’ils y missent aucun fonds, tandis que tous ceuxqui y auraient mis leur fortune n’auraient travaillé qu’à leur en former uneimmense, en ne retirant qu’un bénéfice momentané et médiocre, eu égard auxrisques qu’il y aurait toujours à courir. Le sieur Gaulhey, en rendant compteà MM. de Brancion de ces raisons, ajoutait que, dans les entreprises de cettenature, on avait souvent reconnu que la plupart des produits que l’on annonçaitétaient outrés, et que les dépenses avaient toujours excédé celles que l’on avaitd’abord estimées nécessaires : que par cette raison il était difficile que ces sortesd’entreprises ne laissassent pas une espèce de défiance, que l’on ne pouvait sedispenser de trouver raisonnable d’après les événements passés; et qu’à moinsd’offrir à des actionnaires un bénéfice considérable pour compenser les risquesque l'on croyait courir, il était difficile d’en trouver.
Il leur annonçait encore que M. de Thelis avait -voulu engager M. d’Argen-teuil, alors élu de la noblesse, à s’opposer à ce projet aux états prochains; queM. l’abbé de la Goutte, doyen du chapitre d’Autun , et ci-devant élu du clergé,faisait tout ce qu’il pouvait pour faire préférer le projet de la communication dela Saône à la Loire par Aulun; qu’enfin les actionnaires du canal de Givords,qui venait d’être fini, voulaient engager les capitalistes de la compagnie deM. Delglat à tourner leurs vues de ce côté, pour continuer ce canal jusqu’à laLoire, plutôt que d’en entreprendre un autre qui avait le même objet; et qu’en-fin M. Aecker avait dit que si MM. de Brancion ne trouvaient pas promptementune compagnie, il donnerait le privilège à la première compagnie qui se présen-terait; que M. Delglat connaissait beaucoup M. Decker, ayant fait plusieursaffaires ensemble comme banquiers, et que s’il lui demandait le privilège pourlui, il était sûr de l’obtenir; que cependant la compagnie de M. Delglat leuroffrirait dix à quinze actions sans payer, et peut-être la seigneurie du canal.
M. Dclglat demanda au sieur Gauthey un mémoire détaillé sur cette entre-prise, que celui-ci lui donna, en ajoutant à un précis des différents mémoiresqu'il avait déjà faits, une comparaison du canal du Charolais avec celui du Forez,