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Mémoires sur les canaux de navigation, et particulièrement sur le canal du centre, autrefois canal du Charolais / par M. Gauthey ... publié par M.Navier
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l’abbé de Luzines fit et lui donna plusieurs mémoires, soit pour prouver l’utilitédu canal, soit pour montrer l’avantage de laisser la propriété à une compagnie.

Il eut plusieurs conférences avec lui, ainsi que le sieur Gauthcy. Cette affairefut discutée longuement à l’assemblée des députés, et ne laissa pas que de souffrirquelques difficultés à l’assemblée des intendants du commerce, surtout de la partde M. de Sauvigny, qui craignait que ce canal ne nuisît au grand canal deBourgogne, auprès duquel il avait des terres. Mais enfin , après plusieurs discus-sions et objections auxquelles il fallut répondre, et après plus de six mois deretard, l’assemblée du commerce donna son avis au contrôleur général, et re-connut l’utilité et l’avantage que le canal apporterait au commerce, mais ne futpoint d’avis d’en céder la propriété à des particuliers , à moins que ce ne futpour un temps limité.

Dans le même temps que les élus de Bourgogne sollicitaient l’exécution de cecanal, le gouvernement s’occupait d’une autre affaire très importante : c’était ungrand établissement de fonderies pour les canons de la marine, et de forges àl’exemple de celles d’Angleterre, dont les moteurs principaux sont les machinesà feu.

Les mines de charbon de Saint-Étienne d’une part, et celles de Mont-Cenisde l’autre, avaient attiré l’attention du gouvernement pour l’un ou l’autre de cesendroits.

Le local de Saint-Étienne , où se fabriquaient déjà presque tous les fusils del’armée et quantité de quaincaillerie en fer, avait quelques avantages; mais lamine de fer y manquait, et le transport des canons que l’on devait y faire nelaissait pas que d’avoir des difficultés, soit pour les rendre sur la Loire à Saint-Bambert, où la navigation n’est guère praticable, soit pour les rendre sur leBhône. Il y en avait pour le moins autant à Mont-Cenis où les transports parterre étaient encore plus considérables : mais les mines de fer n’étaient paséloignées, quoique de médiocre qualité, et la navigation de la Loire était beau-coup plus assurée à Digoin qu’à Saint-Bambert. La construction du canal duCharolais tranchait la difficulté ; ce canal une fois mis en navigation était égale-ment à portée de recevoir les chargements de cet établissement, soit pour laMéditerranée, soit pour l’Océan; et il n’y avait presque plus de transport parterre. Aussi le ministre de la marine s’intéressait vivement à la réussite du canaldu Charolais, et la décision de l’une de ces affaires entraîna celle de l’autre. Lecanal du Charolais détermina absolument le local des fonderies du gouverne-ment à Mont-Cenis plutôt qu’à Saint-Étienne .