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capitaux empruntés. Que l’intention du roi était que la province ne put enaucun temps, ni sous aucun prétexte, aliéner, changer, vendre, ni céder au-cuns terrains, droits, ou privilèges dépendants de ce canal.
Il ajoutait qu’à l’égard de MM. Raguet-de-Brancion, comme ils ont le mérited’avoir depuis quelques années ramené et fixé l’attention des États et du gou-vernement sur ce projet, qui avait été oublié, pour ainsi dire, depuis longtemps,qu’ils ont mis beaucoup d’activité à le suivre, et qu’ils ont fait d’ailleurs destravaux et des dépenses pour en constater Futilité et la possibilité, le roi avaitjugé qu’il leur était dû une récompense, et qu’il avait décidé qu’il serait assignéà chacun une pension annuelle et viagère de la somme de 10,000 liv., réversibleau survivant des deux sur les produits du canalà commencer du moment oùil serait mis en état de navigation, et 3,000 liv. seulement pendant la construc-tion, à commencer du 1 er janvier 1782.
Enfin, il finissait par dire que Sa Majesté comptait que l’exécution du canaldu Charolais ne porterait aucun retard à la partie du canal de Bourgogne , queles États avaient commencée, qu’il les priait de délibérer promptement sur cespropositions, et que, s’ils s’y refusaient, Sa Majesté s’occuperait d’autres moyenspour faire construire ce canal, dont elle connaissait trop l’utilité pour en différerl’exécution.
Les élus s’assemblèrent en conséquence, et acceptèrent les propositions quileur étaient faites par le ministre des finances de la part du roi, se soumirentsans réserve au nom des Étals à toutes les conditions énoncées dans la lettre deM. Joly-de-Fleuri, et l’on travailla aux lettres-patentes qui avaient été promises.
Le sieur Gauthey avait fait un petit modèle en relief du pays que devaitoccuper le canal, en marquant la hauteur exacte de loutes les montagnes quipeuvent verser leurs eaux dans les rigoles qui doivent alimenter le point departage. Ce modèle rendait sensible aux yeux les moyens que l’on devait em-ployer pour la réussite de cette entreprise. Il avait été présenté aux ministres,et même au roi, avec une carte des chaînes de montagnes de la France , de sesrivières navigables ou susceptibles de le devenir, et des principaux canaux faitset à faire dans le royaume.
Ces deux ouvrages ne furent pas un des moindres moyens qui firent réussircette entreprise, dont ils démontrèrent la possibilité et les avantages aux yeuxles moins exercés à juger des projets sur des plans.
Les plus grands adversaires que l’on avait eus à combattre étaient ceux quis’intéressaient exclusivement au canal de la Saône à l’Yonne par Dijon , et qui