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payés très régulièrement par la province, pouvaient même faire l’ouvrage àmeilleure marché que vis-à-vis ces entrepreneurs généraux, qui souvent leurfaisaient de mauvaises difficultés. Mais en divisant beaucoup ces entreprisesparticulières, il fallait aussi beaucoup de personnes pour les surveiller,, et pourfaire les toisés particuliers sur lesquels on devait donner les à-comptes, attenduque ces pionniers étrangers n’ayant aucune caution, il fallait prendre des pré-cautions extraordinaires pour ne pas faire payer des à-comptes au-delà del’ouvrage fait. A cet effet, l’on employa deux moyens, le premier de faire comp-ter tous les jours le nombre d’ouvriers qu’employait chaque entrepreneur, etle second de mettre au fait les commis pour faire à chaque paiement des toiséspresque aussi exacts que si l’on eût chaque fois soldé l’entreprise.
Les ouvrages d’art n’étaient pas aussi aisés à entreprendre : aussi, la premièreannée, on fit peu de ces sortes d’entreprises. On fit, comme on l’a déjà ditd’abord, quelques adjudications de 100 à 150,000 livres, qui fixèrent les prix :mais elles réussirent peu, car, de cinq entreprises, une seule a été conduite àsa fin. 11 a fallu adjuger partiellement les autres à la folle-enchère.
Le directeur général des travaux écrivit dans les provinces voisines pour seprocurer des entrepreneurs qui eussent déjà travaillé à ces travaux. Il fit venircelui qui avait fait les principaux ouvrages du canal de Monsieur, en Anjou, etdeux entrepreneurs du canal de Givord, qui venait d’être mis à fin. Il traitaaussi avec celui qu’il avait vu diriger le canal de Provins . Il en fit venir du Pié-mont , du Nivernais, du Lyonnais, de la Franche-Comté , et l’on fit avec chacunde ces entrepreneurs des marchés particuliers sur soumission, et à-peu-près auxprix suivant lesquels avaient été faites, par MM. les élus, les adjudications, etd’après le tableau fait par le directeur général, qui était entre les mains du com-missaire, qui, à vue de ce tableau, homologuait tous les marchés qui y étaientconformes, ou qui ne s’en éloignaient pas beaucoup. Et, comme ces entrepreneursétrangers, qui s’étaient cependant soumis à faire une assez grande quantitéd’ouvrages, ne suffisaient pas encore, il fit des marchés particuliers avec desmaîtres maçons qu’il connaissait, et, en commençant par de petits ouvrages il lesmit dans le cas d’en entreprendre de plus considérables, de sorte que, dans laseconde et la troisième année, presque tous ou du moins la majeure partie desouvrages se trouvèrent entrepris.
La quantité d’entrepreneurs peu solvables que l’on avait été obligé de prendre,et dont la plupart était peu au fait des ouvrages des canaux, que l'on ne faitpas bien ordinairement, puisque depuis très longtemps l’on n’avait travaillé dans