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ce genre que pour le canal de Givord, exigeait, encore plus indispensablementque pour les déblais, d’avoir des ingénieurs instruits pour conduire les travaux.La chose n’était point aisée, puisque, parmi les élèves même du bureau desponts et chaussées, il y en avait très peu qui eussent fait travailler à ces sortesd'ouvrages, que le canal de Givord avait été fait par des particuliers, et que l’onn’avait pas encore fait d’écluses au canal de Bourgogne près de Saint-Florentin.
Le directeur des travaux sollicita rétablissement d’une école des ponts etchaussées et canaux en Bourgogne : mais comme l’administration, qui l’avaitcependant promis, ne le fit pas, le sieur Gauthey en établit une chez lui et àscs frais. Pendant les hivers il rassemblait chez lui une vingtaine de jeunes gensdans une même galerie ; il leur faisait copier les plans des écluses, ponts et aqué-ducs. 11 avait fait faire en grand des modèles de tous ces ouvrages, qui étaientdéposés dans la même salle, et au moyen desquels les élèves concevaient aisé-ment les plus petits détails. 11 leur fit couper en plâtre toutes les parties desponts et écluses qui devaient être en pierre de taille. Au printemps, il envoyaitceux des élèves qui s’étaient le plus mis au fait, et leur faisait donner les placesde commis : ceux qui étaient moins instruits travaillaient comme commis en se-cond , ou s’occupaient dans son bureau à faire les copies des dessins pour les en-trepreneurs , vérifiaient les toisés, faisaient les copies des lettres, des marchés,des comptes des entrepreneurs, et en peu de temps il put choisir dans le nombreune quantité de jeunes gens zélés et exacts, qui étaient en état de veiller àl'exécution des devis, et de rendre compte de tout ce qui se faisait sur lesateliers.
On choisit ensuite les meilleurs pour en faire des sous-inspecteurs, et ilsétaient tous surveillés et guidés principalement par le sieur Pourcher, ingénieurdu canal, qui avait eu la plus grande part aux projets, et qui avait un talentextraordinaire pour celte partie.
On vérifiait d’ailleurs , dans le bureau du directeur général, le nombre desjournées employées au moyen des journaux, et on en faisait une estimation,que l’on comparait avec celle des toisés particuliers, ou avec les toisés géné-raux; de sorte qu’il était difficile que l’on pût être trompé par les commis, soitqu’ils eussent erré par ignorance, par paresse, ou par malversation.
On voyait encore, par cette comparaison, si les entrepreneurs avaient suffi-samment gagné, ou même s’ils n’avaient pas perdu. Celte connaissance faisaitrectifier les prix dans les marchés suivants, de sorte que l’on a été presqueassuré que tous les marchés subséquents ont été faits de manière que les entre-