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Mémoires sur les canaux de navigation, et particulièrement sur le canal du centre, autrefois canal du Charolais / par M. Gauthey ... publié par M.Navier
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achevés, et vingt-trois faits au quart, à moitié, ou aux trois quarts; vingt-quatreaquéducs faits, et dix-sept fort avancés. La dépense de cette année fut de1,108,000 livres.

A la fin de 1787, il y avait Ul.oOO mètres de canal achevés : il ne restaitplus à finir que 2900 mètres. 11 y avait vingt écluses de faites, cinquante-unebien avancées, et il n’en restait plus qu’une à adjuger, avec sept aquéducs. Ily avait douze ponts achevés, trente-huit avancés, trente-un aquéducs faits,et quinze avancés à moitié et aux trois quarts. La dépense fut de 1,153,000 liv.

Pendant cette année, les élus reçurent ordre du contrôleur-général de rendrenavigable la rigole de dérivation qui devait conduire au point de partage les eauxque l’on prenait à la montagne de Mont-Cenis et montagnes voisines, afin defaire une branche de communication depuis l’établissement de la fonderie decanons du Creusot au canal, et promit que le gouvernement en ferait les frais.Le sieur Gauthey fit le projet de cette partie de canal, mais il trouva qu’en leconduisant suivant le projet de rigole le long des coteaux, on aurait beaucoup dedifficultés, parce que ces coteaux étaient rapides en plusieurs endroits, et surtouttrès sinueux, de sorte que l’on ne pouvait guère y faire passer de barques fortlongues. 11 avait déjà eu le projet de faire passer la rigole sous une montagne : ilavait fait faire les sondes aux deux bouts, et il trouvait un rocher solide. Il sedétermina donc à faire percer cette montagne sur 1267 mètres de longueur.La première partie fut assez facile, mais les autres sont devenues extrêmementdifficiles. S’il n’avait fallu qu’un percement de 1,6 mètre pour faire passer l’eaude la rigole, la chose eût été aisée, mais lorsqu’après avoir fait ce percement onvoulut l’élargir et l’élever pour avoir une largeur de 2,6 mètres, le rocher, quiétait de grès en masses séparées de médiocres grosseurs, tombait lorsque la partieinférieure était enlevée; les étais pliaient ou cassaient, il se faisait des éboule-ments ou même des puits de 20 à 2o mètres de hauteur, que l’on avait beaucoupde peine à soutenir. Il fallut prendre le parti de voûter la plus grande partie dusouterrain, et pour cet effet l’élargir jusqu’à 5 mètres environ, pour placer des mursassez épais, qui étaient encore retenus par le bas par un radier en forme de voûterenversée. Les murs et la voûte ont été faits en brique pour les parements, et enmoellon pour les massifs, la pierre de taille étant éloignée de cet endroit. Enfin,après bien des peines et des accidents, où il n’a cependant péri qu’un ouvrier, onen est venu à bout; mais ce n’a pas été sans beaucoup de dépense, et cetexemple fait voir combien il est dangereux d’entreprendre des canaux souter-rains d’une grande longueur.