Buch 
Mémoires sur les canaux de navigation, et particulièrement sur le canal du centre, autrefois canal du Charolais / par M. Gauthey ... publié par M.Navier
Entstehung
Seite
291
JPEG-Download
 

— 291 —

L’estimatif du canal avait été fait d’après les prix qui étaient en usage pourlors, et l’on avait arbitré en outre un cinquième pour subvenir aux cas im-prévus.

L’un des principaux objets d’augmentation était provenu du prix des voituresqui avait augmenté considérablement, par suite de la disette de fourrages. Leprix de la main-d’œuvre s’était aussi beaucoup accru par la rareté des ouvrierspendant les trois années précédentes, parce qu’ils avaient été travailler au canaldu Nivernais et à l’établissement de Mont-Cenis, où ils avaient des prix plusforts. Il s’est de plus trouvé que les terres des grandes tranchées, excepté cellesde Châlons , n’offraient aucune consistance, et qu’il a fallu , pour les soutenir,faire des murs de soutènement très épais, ou des perrés, qui ont occasionné unedépense de plus de 250,000 livres. On a fait aussi quelques aquéducs de plus, etl’on en a élargi quelques autres, pour ne gêner en rien le passage des eaux. Ce-pendant, malgré tous ces objets imprévus, on voit que l’augmentation n’est quede ~, de sorte qu’il n’est peut-être pas possible, pour un ouvrage aussi consi-dérable, d’approcher de plus près de la vraie valeur dans un estimatif provisoire.

L’administration des élus de la province était sur sa fin au commencementde 1790 : elle n’avait pas pu se faire écouter pour former un emprunt, qu’il eûtpeut-être été difficile alors d’effectuer. En conséquence, les élus donnèrent desordres pour faire cesser tous les travaux : mais comme on avait quelque crainteque cette cessation subite n’occasionnât une effervescence dangereuse parmi lesouvriers qui étaient en grand nombre, on ne fit cesser les ouvrages que petit àpetit, et pendant l’espace d’environ trois mois. On fit le compte définitif de tousles entrepreneurs, et l’on rompit tous les marchés, ce qui au reste pouvait sefaire sans craindre de réclamations de la part des entrepreneurs qui tous étaienten retard, et qui, par les clauses de leur adjudication, étaient même dans lecas de perdre le dixième du montant de leur entreprise.

D’après le compte fait au 20 juillet, temps de la cessation de l’administrationdes élus, il résultait que la dépense totale montait à 10,383,424 fr. 64 c., ycompris les arrérages et les indemnités. Le commissariat qui succéda aux élusdépensa 113,901 fr. 53 c.

Pendant l’année 1792, le commissariat ne dépensa que 343,368 fr. 55 c.

Le 10 novembre 1790, il survint une crue si considérable dans la Loire ,qu’elle surmonta à Digoin d’un mètre les plus hautes eaux connues jusqu’alors.Ce fut par cette même crue que les ponts de Nevers, de la Charité et de Tours ,furent emportés. Elle s’éleva à plus de 32 centimètres au-dessus des levées du