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grosse toile bien clouées, en observant des vides de 63 centimètres en carrévis-à-vis de chaque pilotis du milieu. On a chargé chaque table de mortier dechaux vive pour mettre ce plancher en équilibre avec l’eau. Ensuite on a prisune grande quantité d’ouvriers avec quelques pierres à la main et un long bâton,afin qu’à un signal convenu chacun jetât sa pierre sur les tables dont il étaitvoisin, et les guidât avec son bâton pour qu’elles n’accrochassent pas les pilots.On a ensuite garni chaque pilot avec deux planches entaillées, et l’on a jetépartout une assez grande quantité de béton chargé de moellon pour faire presserla glaise par le plancher. Après avoir surtout jeté du béton tout au pourtour, ona laissé reposer ce béton pendant l'hiver, et, le printemps suivant, on a épuiséavec des seaux toute l’enceinte avec la plus grande facilité, et on a entretenu lesfiltrations avec huit hommes seulement. On s’est mis aussitôt à scier les pilotsd’échafaudage, et à former le massif de maçonnerie sur 63 centimètres d’épais-seur, avec du mortier dechauxvive etlcs moellons qui chargeaient le plancher, etlorsque la plate-forme a été maçonnée, on a construit le radier et les murs dupourtour sur 1,6 à 1,93 mètre d’épaisseur ; après quoi on a formé les parementssans avoir besoin d’épuisements. On a ensuite arraché les pilots et palplanchesqui avaient été battus au-devant de la partie d’aval de l’écluse, et l’on a fini lesbajoyers.
L’écluse de garde de la Saône a été fondée à-peu-près de la même manière,mais n’a pas donné autant de peine. On a fait une enceinte pareille, mais quoiquele sol sur lequel devait être établie l'écluse fût un sable assez vif et presque in-compressif, tout le terrain supérieur, jusqu’à 32 centimètres environ au-dessusde la profondeur où devait être établie la fondation, était une terre glaise trèscompacte, de sorte qu’on n’a pas pu draguer dans l’enceinte. Mais, à mesureque l’on en tirait celte terre au moyen de quelques épuisements, on plaçait deslitteaux sur les joints des palplanches, après les avoir garnis de mousse, desorte que les épuisements n’étaient pas très considérables. On devait fonder decette manière la plate-forme en entier sur 52 centimètres d’épaisseur de terreglaise, qui aurait pris un tassement uniforme, mais l’entrepreneur voulut com-mencer par fonder tous les murs avant que de faire le massif du radier : il estarrivé de là qu’ils se sont enfoncés sans uniformité, et qu’il y a eu plusieursdisjonctions et lézardes entre eux. Quelques parties même se sont rapprochées :il a fallu, lorsqu’on s’en est aperçu, y remédier, ce qui ne s’est fait qu’avecpeine, en posant des pièces de bois sur le radier pour contrebutter les fondationsdes murs, et remplissant l'intervalle en maçonnerie de briques.