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besoin d’être longtemps exposée à l’air pour acquérir une solidité suffisante, elles’écroula immédiatement après le décinlremenl, les tètes ayant été entraînéespar leur liaison avec le reste de la voûte. Les pierres s’écrasaient dans la partiesupérieure et tombaient par éclats jusqu’au douzième ou quinzième cours devoussoirs, à compter des naissances. Malgré cet événement, on acheva de fer-mer lune des petites arches qui ne l’était pas encore, et la pile attenante luiservit de culée jusqu'à l’année suivante, où l'on reconstruisit la grande archeavec de meilleurs matériaux. On donna alors l m ,62 d’épaisseur à la voûte.
Le terrain sur lequel ce pont est établi est un gravier compact, dans lequelles pilots entrent difficilement, et qui n’en est pas moins susceptible detreafïouillé par le courant. On avait tâché de prévenir cet événement en faisant,en aval, une battue de pieux entre lesquels on avait dragué le gravier à uneassez grande profondeur, et où l’on avait ensuite rempli l’espace qui restait librepar une jetée de gros moellons. Malgré cette précaution, qui paraissait bonne,le pont fut emporté par une crue; et comme les culées subsistent encore, onprojeta de le reconstruire de nouveau, en n’élevant qu’une seule pile, et en lafondant par le moyen d’un caisson.
Ayant examiné ce projet sur les lieux, il nous sembla d’une exécution pres-que impraticable. Il était difficile de fonder ce pont solidement, à moins de l'éta-blir sur le rocher. Mais les orages qui sont très fréquents en été dans lesmontagnes d’Auvergne , et qui remplissent tout le vallon sur un mètre environde hauteur, ne permettent pas de faire les fouilles nécessaires pour aller cher-cher le rocher qui se trouve à une assez grande profondeur, parce qu’ils nemanqueraient pas de venir les remplir. L’ancien pont de \ieille-Brioude , dontles fondements sont excellents, nous parut susceptible d’offrir encore un passagesûr ; et les seuls travaux qu’il y eut à faire pour l’en rendre capable, consistaientà adosser de nouveaux murs contre ceux des anciennes levées, qui étaient assezdégradés, à réparer la voûte, et à tailler dans le roc des chemins commodes.L’existence de ce pont a été, de cette manière, prolongée pendant un assezgrand nombre d’années. Il est tombé depuis quelque temps, et l’on s’occupe dele reconstruire.
Pont de Sisteron , sur la Durance. (PL X, fig. 164).
Ce pont, dont la forme est très remarquable, a été construit en 1500. 11 estcomposé d’une arche de 26 m d’ouverture, qui présente une anse de panier sur-