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mauvaise qualité des bois des pieux qui étaient restés longtemps sur la terreavant d’être employés, et qui étaient en partie pourris.
Une débâcle a ensuite occasionné l’alTouillement de trois autres piles. Lesglaces formèrent, à l’amont du pont, une sorte de barrage, et les eaux ayantseulement pris leur cours sous les arches situées du côté du faubourg, la rapi-dité du courant devint telle qu’il enleva le sable qui se trouvait entre les pieuxet aiïouilla jusqu’à leur pied. Il y eut quatre arches écroulées. La reconstruc-tion des piles présentait de grandes difficultés. On parvint pour la première,avec beaucoup de soins et de dépenses, à enlever les décombres et la plate-forme , ce qui mit à môme de consolider la fondation, et de l’établir d’unemanière plus sûre. La même opération paraissait plus difficile encore pourla seconde , où les pieux s’étaient déversés sur le côté d’environ un mètre; etl’on proposa alors de supprimer les trois dernières arches, ce qui eût encorelaissé un débouché plus considérable qu’il n’était nécessaire, en le comparant àcelui de la rivière, au pont de Blois . Cet avis n’ayant point été adopté, onindiqua, pour faciliter l’enlèvement du caisson, une méthode qui consistait àétablir un batardeau sur la plate-forme même de ce caisson, qui dépassait del m ,5 la maçonnerie, et de lui restituer, pour ainsi dire, ses anciennes faceslatérales. On aurait ensuite épuisé dans l'intérieur, et enlevé facilement lesassises et la plate-forme elle-même. Il était impossible d’établir un batardeau àl’ordinaire, à cause de la grande profondeur et des décombres des voûtes.
Cette méthode ne réussit pas entièrement, parce que les pieux avaient cédéinégalement : ceux du pourtour ayant résisté plus que les autres, la plate-formes’était brisée, et la pile avait, pour ainsi dire , passé au travers. Les disjonctionsrendaient alors l’épuisement total de l'intérieur des batardeaux impossible. Onfut réduit à enlever par parties les assises restantes , en multipliant les machineset les épuisements ; et le fond du caisson se trouvant entièrement déchargé, ilfut soulevé par le moyen de trente-six tire-fonds attachés à différentes machinesmues par quatre-vingt-seize hommes, qui enlevaient à la fois environ 93 millekilogrammes. On le conduisit ensuite au bord de la rivière, en le soutenant parle moyen de cent cinquante tonneaux et de deux nacelles. Ces travaux se con-tinuent actuellement.
Pont de Moulins , sur l’Allier . (PL VII, fig. 103).
Cet ouvrage a été commencé en 1736, et fini en 1764, sous la direction de