— 84 —
M. de Regemorte. Il est composé de treize arches en anse de panier, de I9 ra -Dd’ouverture. Les piles ont 3 m ,o7 d’épaisseur. La largeur, d’une tète à l’autre,est de I3 m .
L’établissement de ce pont paraissait offrir de très grandes difficultés. Onavait construit dans le même emplacement, et dans l’espace de trente-cinq ans,trois ponts, dont deux en pierre, qui avaient clé successivement emportés. Ledernier avait été bâti par Mansard ; il était composé de trois grandes arches enanse de panier, soutenues par des piles très épaisses, et qui ne laissaient audébouché qu’une longueur de i lo m . Le pont actuel lui en donne 253. Il paraîtque la chute de ces ponts doit être attribuée à la fois à des vices de constructionet au défaut d’étendue ; circonstance que la nature du fond rendait extrêmementdangereuse. Ce fond est composé d’un gros sable que lon trouvc encore à unetrès grande profondeur, et dans lequel on a beaucoup de peine à faire pénétrerles pieux jusqu’à trois ou quatre mètres, quoique les crues produisent quelque-fois des affouillements de 5 à 6 m de hauteur.
M. de Regemorte reconnut la nécessité d’augmenter considérablement le dé-bouché , afin de diminuer la vitesse du courant : et l’événement a prouvé quecelui qu’il lui a donné est loin d’être trop considérable. En effet, en 1790, l’eaus’est élevée à un mètre de distance du cerveau des voûtes ; et l’on pense que sila levée placée à droite du pont n’avait pas crevé, il aurait couru quelquesrisques. Celte augmentation de longueur ne suffisait cependant pas pour rassurerentièrement sur la stabilité du pont. Le moindre obstacle placé sous quelquesarches pouvait occasionner des affouillements sous les autres, et, pour prévenircet événement, on construisit sous le pont un radier général, de 2 m d’épaisseur ,et dont la surface supérieure est placée à un mètre au-dessous de l’étiage ; salargeur est de 34 m . Au moyen de cette précaution, il paraît qu’il ne doit resteraucune crainte sur la durée de cet ouvrage. Il en est peu dont les dispositionsaient été coordonnées avec les circonstances locales d'une manière plus intelli-gente. Les détails de la construction ont été publiés par M. de Regemorte.
Aqüéduc de Montpellier . (PL XI, fîg. 194).
Cet aquéduc est un des plus beaux ouvrages de ce genre que l’on puisse trouveren France . Il est destiné à conduire à la ville de Montpellier les eaux des sourcesde Saint-Clément et du Boulidou. Il a été construit en treize ans, par Pitot.
Il est composé de deux rangs d'arcades. Le rang inférieur en a soixante et