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leur, sur plus de 50 m de base. Ses effets ont été tels qu’en peu de mois le bancdit de la Manufacture a été dissipé 5 le lit de la Garonne s’est approfondi devantles chantiers de construction sur la rive gauche, et les propriétés de la rive droitese sont accrues d’une alluvion limoneuse de 100 hectares de superficie, en cemoment couverte de végétation et de plantations, et dont quelques parties sontdéjà livrées à la culture.
On emploie au régalage des enrochements de défense des piles du pont deBordeaux , une cloche à plonger avec pompe à air, depuis l’année 1820, et l’ona pu s’assurer ainsi de la parfaite stabilité de ces enrochements.
Pont de Libourne, sur la Dordogne . (PI. IV, fig. 53).
Cet ouvrage est composé de neuf arches en plein cintre, de 20® d’ouverturechacune, et reposant sur huit piles de 3 m ,85 d’épaisseur, mesurée à la naissance desvoûtes. Tout ce qui a été dit du pont de Bordeaux , quant aux formes et ausystème de construction, s’applique au pont de Libourne . Le pilotage, les châssisd’entretien, les enrochements, les caissons, les cintres, les voussures des arches,le mélange de la pierre de taille et de la brique, l’évidement du massif supérieurdes piles, la double pente vers les abords, et la décoration architecturale, ontété projetés et exécutés d’après les mêmes principes. La chaussée sur ce pont,comme sur celui de Bordeaux , est formée par un arc en briques portant unemaçonnerie de cailloux à bain de mortier hydraulique, recouverte elle-mêmed’une couche de cailloux brisés.
Les trottoirs du pont de Bordeaux sont pavés en petits cailloux de différentescouleurs, scellés dans un massif de béton formant des compartiments en losangeencadré; ceux du pont de Libourne sont pavés en briques posées de champ etmaçonnées. Chaque entrée des deux ponts est accompagnée de deux pavillons,dont l’un sert à la perception du péage, et l’autre à la garde pour la police.L’architecture de ces pavillons est simple : on a seulement enrichi ceux du pontde Bordeaux d’un porche formé de deux pilastres et de deux colonnes.
C’est à Bordeaux et à Libourne qu’ont été employés pour la première fois lessabots coniques en fonte de fer, portant au centre un axe en fer forgé, dontl’usage s’est successivement étendu à plusieurs grands trvaux hydrauliques deFrance , à cause des avantages de résistance et de grande économie que présentece moyen d’armer les pieux de fondation.
M. C. Deschamps, inspecteur général des ponts et chaussées, a donné les