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Tome premier.
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De la manière d’évaluer la quantité d’eau à laquelle le pont doit donner

passage.

On sait que le volume de l’eau qui coule dans une rivière n’est pas le mêmedans toutes les saisons. Non seulement il est généralement moins considérableen été qu’en hiver, mais tous les fleuves sont sujets à des accrues momentanéesproduites par des pluies abondantes ou par la fonte des neiges et des glaces. Ledébouché d’un pont doit être assez grand, non seulement pour laisser écouler laquantité d’eau moyenne que contient le lit de la rivière , mais encore pourdonner passage à la quantité surabondante qui s’écoule pendant les crues ; etc’est particulièrement en ayant égard à cette dernière circonstance, qu’on doitrégler les dimensions des arches.

Celte quantité d’eau semble d’abord devoir être partout proportionnelle àla surface du terrain sur lequel tombent les eaux de pluie qui vont se rendre aupoint du cours de la rivière où l’on élève le pont. Cependant, en parlant de ceprincipe, on pourrait commettre de grandes erreurs. En effet, on a observé quela quantité d’eau qui tombe pendant la meme année est très différente dansdes lieux différents ; et de plus, la nature et l’inclinaison du terrain qui la reçoitinfluent beaucoup sur la manière dont elle s’écoule avec plus ou moins de vitesse,ou dont elle pénètre la terre à une plus ou moins grande profondeur. Il estfacile de voir d’ailleurs que c’est moins la quantité d’eau tombée pendant toutel’année qu’il faudrait prendre en considération, que celle qui, tombant à l’époquedes grandes pluies, ou résultant de la fonte des neiges, aurait donné lieu à unecrue considérable. Cependant, s’il y a beaucoup de circonstances où l’on nedoive pas s’attacher à cette considération, il ne faut pas la négliger entièrement: ellepeut donner lieu à des rapprochements utiles, en l’appliquant à des lieux voisinsles uns des autres, et où la disposition et la nature du terrain seraient à peuprès les mêmes.

Mais une circonstance à laquelle il est surtout important d’avoir égard, estcelle du temps que la quantité d’eau surabondante qui donne lieu à une cruemet à s’écouler par le lit du fleuve, ou de la vitesse avec laquelle se fait cetécoulement. On sait que cette vitesse dépend, en grande partie, de la pente dela rivière; et comme cette pente diminue ordinairement à mesure que l’ons’éloigne de la source du fleuve, il s’ensuit que la même masse d’eau qui auracoulé très rapidement dans les montagnes où la rivière prend sa source, et où