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Tome premier.
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§ III. DE LA FORME DES ARCHES.

Les arches des ponts se divisent, relativement à leur forme, en trois espècesprincipales : les arches en plein cintre , décrites par une demi-circonférence: lesarches en anse de panier, décrites ordinairement par plusieurs arcs de cerclede différents rayons, et dont la forme approche de celle d’une demi-ellipse; etles arches en arc de cercle , qui sont formées d’un arc de cercle d’une amplitudeplus ou moins considérable.

Les arches en plein cintre sont les plus anciennement usitées. On ne trouveguère de ponts antiques où l’on n’ait pas employé cette forme, qui, pondantlongtemps, a été généralemont adoptée en Europe , et qui a l’avantage de présenterle plus de solidité et le plus de facilité dans la construction. Mais les arches enplein cintre ont l’inconvénient d’obstruer considérablement le passage de l’eau.

On a vu, dans le premier livre, que l’usage des arches en anse de panier nes’était introduit en France que vers la fin du dix-septième siècle. On a été con-duit à adopter celte forme par la nécessité de donner beaucoup de débouchésans augmenter considérablement la hauteur des voûtes. Elle satisfait effective-ment à cette condition, et présente d'ailleurs, quand les deux diamètres ne sontpas très inégaux, presque autant de solidité et de facilité dans la constructionque le plein cintre.

Quant aux arches en arc de cercle, il faut distinguer deux cas différents. Lepremier est celui où les naissances sont plongées dans l’eau, comme elles le sontdans les premiers grands ponts bâtis en France , tels que le pont du Saint-Espritet l’ancien pont d’Avignon . Alors la forme de l’arche a sur l’anse de panier ledésavantage de donner un débouché moins considérable, et de comporter destympans très massifs. Ce dernier défaut parait avoir été reconnu par les premiersconstructeurs, car les reins de leurs voûtes sont presque toujours remplis sim-plement en terre, ou déchargés par le moyen de petites arcades.

Dans le second cas. les naissances de l’arc sont élevées sur des pieds-droits, àpeu près à la hauteur des grandes eaux du fleuve, comme au pont LouisX\I, àà Paris , ce qui oblige ordinairement à faire l’arc très surbaissé. Il en résulte quela pression latérale des voussoirs est très considérable , et il faut alors mettre leplus grand soin à la construction, afin que la voûte ne soit pas sujette à baisseraprès le décintrement, ainsi que cela est arrivé quelquefois. La manière donts'exerce la poussée dans les arches de cette espèce est différente de celle dont elle