— 247
tage que ceux du tableau précédent. Il entre effectivement dans cette dernièremanière de calculer l’équilibre des voûtes un peu moins d’éléments hypothéti-ques que dans la première, et, si l’on observe que les valeurs du second tableausupposent encore que les voûtes sont restées assez longtemps sur leurs cintrespour que les mortiers aient acquis une ténacité semblable à celle qu'ils présen-taient dans les expériences que nous venons de rapporter (ce qui n’arrive presquejamais, parce que les mortiers sèchent très lentement dans l'intérieur des massifsde maçonnerie), on sera convaincu de la nécessité de les augmenter encore, etde se rapprocher ainsi des règles pratiques.
On a attribué dans les calculs précédents un peu plus d’épaisseur aux voûtesqu’elles n’en ont ordinairement, et cela tend, en général, à favoriser la puissanceagissante. On n’a point tenu compte des couches de sable ou de terre, et dupavé dont les voûtes sont ordinairement chargées, ni de la différence de pesan-teur spécifique des diverses espèces de maçonnerie. Il serait facile de faire entrerces objets en détail dans les calculs, mais on s’est convaincu qu’on n’obtiendraitpas alors, pour l’épaisseur des culées, des valeurs sensiblement différentes decelles qui ont été données dans les tableaux précédents.
On peut remarquer que les voûtes en arc de cercle exigent des épaisseurs deculées beaucoup plus considérables que les autres, et ces épaisseurs auraient étéplus grandes encore, si la voûte, que l’on a supposée décrite par un arc de60 degrés, eût été plus surbaissée, ainsi qu’elle l’est effectivement dans plusieursponts. Les premiers constructeurs qui ont élevé des voûtes de eclte nature onteffectivement opposé à leur grande poussée des culées très épaisses. Mais il estfacile de voir que les voûtes très surbaissées tendent principalement, non pas àrenverser leurs culées, mais à produire une disjonction horizontale dans leurspiédroits, et à faire glisser la partie supérieure. Il résulte de là que tout le massifde la culéc située au-dessous du point oû se ferait cette disjonction n’est presqued’aucune utilité pour la solidité de la voûte, et ne sert qu’à soutenir la partiesupérieure qui seule résiste à la poussée d’une manière efficace.
D’après celte considération, on a cherché les moyens d’épargner la construc-tion de ce massif, qui occasionne une dépense assez inutile. Parmi les dispo-sitions qui ont été proposées pour cet objet, nous avons distingué les deuxsuivantes. Dans la première, la culée n’est qu’un mur ordinaire derrière lequelon a prolongé la voûte de l’arche, qui vient butter contre une plate-forme sou-tenue par des pilots inclinés. Dans la seconde, on substitue au massif de la culéedes murs de soutènement construits dans le prolongement des têtes, et qui sup-