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Tome premier.
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montent beaucoup au-dessus des naissances, parce que les tympans de l’archeprésentent alors une grande surface qui se trouve directement opposée au cou-rant. Les avant-becs ne servent plus qu'à recevoir le premier choc des glaçons.

On s’est beaucoup occupé dans le dernier siècle de la forme et de la décorationdes couronnements des avant-becs. Cet objet n’est pas très important, mais lasolidité de leur construction l’est beaucoup. Les couronnements des avant-becsse dégradent facilement, et on voit souvent croître dans les joints des plantes quiaugmentent encore les dégradations. On les préviendra en formant ces couronne-ments avec de grandes pierres appareillées avec soin.

On voit (PL XV, fig. 1 et 2) l’élévation et le plan d’une des piles du pont deMoulins. Les avant et arrière-becs sont triangulaires, mais l'angle saillant est ar-rondi, ce qui lui donne plus de solidité. C’est uneprécaution dont il ne peut résul-ter aucun inconvénient, et qu’il est convenable de prendre toujours. Elle est pré-férable à l’emploi d'un prisme de fonte maintenu dans la maçonnerie, et on nedoit recourir à ce dernier moyen qu’autant qu’on-y est forcé par la mauvaise qualitéde la pierre. Le chaperon, ou couronnement , a la forme d’une pyramide trian-gulaire : on a conservé dans les pierres dont il est construit une partie verticalequi doit toujours avoir au moins 8 à 10 centimètres de hauteur. On a quel-quefois couronné des avant-becs à base triangulaire d’un chaperon formé parles prolongements de leurs faces coupés par un plan incliné en avant : on envoit un exemple au Pont-au-Change de Paris (PL XVI, fig. 5).

Les fig. 3 et 4, PL XV, représentent une des piles du pont d’Orléans . Labase de l’avant-bec est terminée par deux arcs égaux au sixième de la circonfé-rence; celle de l’arrièrc-bce est un demi-cercle. L’angle saillant de l’avant-becn’est pas assez aigu pour avoir ici besoin d’être arrondi, et la forme de cette pileest peut-être celle qui remplit le mieux toutes les conditions auxquelles on doitsatisfaire. Les couronnements des avant et arrière-becs ont une hauteur qui pour-rait être diminuée sans inconvénient : tous deux , sont formés par une surfaceconique.

Les figures o et 6 représentent une des piles du Pont-Sainte-Maxence . Ontrouve dans quelques ouvrages étrangers des exemples de piles partagées en deuxparties, dont l’intervalle est recouvert par une voûte : mais ces piles sont trèsmassives, et le Pont-Sainte -Maxeme est le seul où l'on ait osé faire porter desarches sur des points d’appui aussi faibles et aussi isolés. Cette hardiesse n’ayantaucun objet d’utilité, puisqu’elle ne diminue que bien peu la dépense, il estvraisemblable qu’elle ne trouvera point d'imitateurs. Le couronnement des avant-