150 HISTOIRE
suivre ses vues, de sorte qu’en 1739 il produisit sa seconde machiné. Elle fut soumise àde nouvelles expériences, dont le résultat fut qu’elle était très-susceptible de donner lalongitude dans les limites exigées par l’acte du parlement.
Harisson continua de travailler, et en 1741 il exécuta une nouvelle machine pluspetite, et qui parut supérieure aux deux premières. Douze membres de la Sociétéroyale attestèrent qu’elle leur paraissait plus commode, plus simple et moins sujette àse déranger, ajoutant qu’ils ne pouvaient trop recommander aux commissaires de lalongitude un homme de tant de talents, pour l’aider à mettre la dernière main à cettetroisième machine.
Le 30 novembre 1749, Folkes, président de la Société royale, annonça dans l’assem-blée de cette illustre compagnie que Harisson avait obtenu le prix ou la médaille d’orqu’on donne chaque année à celui qui a fait l’expérience ou la découverte la pluscurieuse, en conséquence de la fondation de M. Godefroid Coplev. M. Folkes ajouta queM. Hans Sloane , exécuteur testamentaire de Copley, avait recommandé Harisson à laSociété royale, à raison du précieux instrument qu’il avait fait pour la mesure du temps.Par ces considérations, le président donna à Harisson cette médaille, sur laquelle étaitgravé son nom, et il prononça un discours dans lequel il fît connaître avec détails tousles genres de mérite de l’œuvre du lauréat. On voit dans ce discours que Harisson,avant de venir à Londres , demeurait à Barrow, dans le comté de Lincoln, près deBarton-sur-l’Humbert. Il n’était pas destiné d’abord à la profession dans laquelle il aexcellé depuis, mais il y fut porté par inclination et par curiosité. Il suivait son génie,et cela vaut mieux que tous les préceptes de l’art. Il travailla, dans sa jeunesse, avec sonpère, qui était charpentier et menuisier; cela lui donna occasion d’examiner d’abordla nature du bois, et il y trouva quelques avantages dont il profita. Il fit des Horlogesoù les pivots étaient en cuivre et tournaient dans du bois, sans qu’il fût besoin d’huileet sans qu’il y eût d’usure à craindre. Il employa aussi des rouleaux de bois à la placedes ailes de pignon, et cela lui réussit. Enfin, il imagina un échappement nouveau oùla roue ne frottait pas sur les palettes ou sur la pièce d’échappement. On peut lire dansla Connaissance des temps, année 1765, plusieurs autres détails intéressants sur lespremiers essais en mécanique du célèbre Harisson. Nous nous occupons pour le mo-ment des œuvres sérieuses de cet artiste.
Lorsque Harisson eut fini sa troisième machine, elle n’occupait pas plus d’un piedcarré, avec tons ses accessoires.
Enfin, en 1758, Harisson imagina une quatrième machine, qu’il a exécutée depuis;mais, assez satisfait de la troisième, il crut enfin devoir s’adresser à la commission deslongitudes, qui, après divers délais, ordonna, le 12 mars, que l’épreuve de la montrede Harisson serait faite conformément à l’acte du parlement. Ce fut Harisson le fils quifut désigné, sur la demande de son père, pour faire le voyage à la Jamaïque . Cette* destination fut choisie, parce que ce voyage est ordinairement de trois semaines, et que,pour le faire, la machine est dans le cas d’éprouver des températures fort différentes