258 HISTOIRE
nombre de parties, c’est-à-dire qu’ils soient plus longs; de cette manière, chaquepetite partie du pivot ne portera pas un plus grand poids qu’il n’aurait fait si le pivoteût été plus court, et la roue ou le balancier plus léger.
Enfin, il est essentiel d’observer que, dans les frottements d’une montre ou d’unehorloge à pendule, et même d’une machine quelconque, ce n’est pas tant la quantitéabsolue du frottement à laquelle il faut avoir égard qu’à sa constante uniformité; car,quoiqu’une machine ait moins de frottement qu’une autre, on n’en doit point conclurequ’elle estmeilleure, à moins que ces frottements ne soient tels, qu’ils ne puissent paschanger par le mouvement de la machine ; car sans cela il serait préférable que la quan-tité absolue des frottements fût plus grande, mais en même temps que le mouvementne les altérât pas. C’est ainsi que, si on fait rouler un balancier pesant sur des pivotsqui ne portent que sur des trous minces, les frottements pourraient bien être moindresen premier lieu; mais la pression du balancier ferait entrer les éminences qui sont àla surface des pivots dans les cavités de la superficie des trous : ce qui déchireraitinsensiblement et la surface du pivot et celle du trou, en sorte que le trou s’agrandiraitet que les frottements augmenteraient sensiblement.
Le sujet que nous venons de traiter est loin d’être épuisé; il pourrait à lui seul four-nir la matière d’un gros volume. Ce n’est pas à nous à entreprendre un tel travail.
M. Wagner neveu a bien voulu nous communiquer une note intéressante sur lefrottement des pivots; nous la donnons ici avec les figures qui sont utiles à la démon-stration.
« Chacun sait que plus les pivots sont petits de diamètre, moins ils offrent de frot-tement, par conséquent de résistance dans leur mouvement de rotation; toutefois lesdiamètres devront être calculés en raison de l’effort qu’ils ont à supporter. Lorsqu’unpivot, roulant dans un trou bien alézé, c’est-à-dire que la paroi intérieure du trou estbien parallèle à la paroi extérieure du pivot, et qu’il se trouve bien libre, les surfacesbien rondes et bien polies, il est dans les meilleures conditions possibles; mais lorsquel’alézage n’est pas pratiqué dans la direction même de l’axe du pivot, il en résulle quecelui-ci, au lieu de porter dans le fond de son coussinet (fond déterminé par la direc-tion que lui imprime le mouvement du mobile qui le commande), porte sur les côtésdu trou, comme par exemple le représente la figure 1.
« Cette circonstance engendre des pressions d’autant plus considérables, que lespoints en contact se trouvent plus éloignés du fond du coussinet.
« Sans entrer ici dans des démonstrations compliquées, j’indiquerai seulement dansquelle progression ces genres de frottements augmentent. Je prendrai, comme dansla démonstration de la tangente (1), le rayon du pivot pour unité de mesure.
» Ainsi, en supposant que le pivot et son coussinet (fig. 2) soient établis dans desconditions favorables et indiquées plus haut, et que, sous une pression quelconque,
(l) Voy. le Mémoire sur les échappements simples usités en horlogerie, par M. J. Wagner neveu.