sont obliges, comme nous l’avons vu, d’agir sans cessepour conserver une contrée qu’ils ont conquise sur la mer.Les seconds n’ont rien à craindre de la fureur de cet élé-ment ; leur pays ne domine que trop la Méditerranée ,l’Adriatique et le Pô , et c’est dans son sein qu’il recèle sonennemi le plus dangereux. La topographie d’un pays ainsiconstitué , jointe à la circonstance du renouvellement deslettres , dut réserver aux Italiens l’avantage de faire degrands progrès dans la science du mouvement des eaux ;on leur doit , en outre , les découvertes et les premiersmonumens qui ont préparé la construction moderne desCanaux navigables.
L’Italie, bornée au nord par les Alpes , et traverséedans toute son étendue par l’Apennin , qui n’est pas très-cloigné de ses côtes, n’ayant point de chaînes de mon-tagnes parallèles, est coupée par une quantité prodigieusede torrens qui se jettent dans les rivières principales , oudans la mer, ou suivant les pentes des montagnes où ilsprennent leurs sources. Le besoin de défendre ses propriétéscontre un élément toujours actif, et souvent impétueux ,contraignit à chercher les moyens de le contenir et de le diri-ger. Les fleuves de ce pays furent resserrés entre des levées;on leur traça d’autres routes , on leur marqua de nouvellesembouchures ; et les villes et les héritages voisins desrivières et des torrens furent garantis, en grande partie,des ravages qui accompagnent les inondations. Des plainesimmenses furent conquises sur les eaux, ou rendues à laculture, par des saignées pratiquées avec intelligence. Onfit servir au même objet les sables, les terres, le limon,que les eaux détachent des montagnes, et qu’elles entraînentdans leur cours. L’Arno , le Bas-Pô , et d’autres rivières,