» Mon intention était de ne point me défaire de mes papiers;» mais j’y fus engagé par M. de Riquet, qui voyait clairement» que M. de Colbert ne voulait entendre parler de l’exécution» de ce Canal, qu’autant que M. le chevalier de Clerville , pre-» mier ingénieur de France , lui remettrait un devis qui démon-» trerait non-seulement la possibilité , mais encore l’utilité du» Canal à construire.
» Le projet et devis du Canal, que j’avais fini au commence-» ment de l’année 1664, fut remis, en ma présence, à M. le che-» valier de Clerville par M. de Riquet, en 166 5 , et a servi à cet» ingénieur pour former son premier devis du Canal de com-» munication, au commencement d’octobre 1666. Dans le rap-» port qu’il en fit au Roi, il ne fut point fait mention de l’auteur» ni de M. de Riquet. Ce défaut de mémoire, pour un commis-» saire général qui avait tout crédit auprès du Roi et de son» Ministre , m’engagea à me tenir en garde contre toutes les» attaques qui m’ont été faites. Je ne réclamai point mon pro-» jet, parce que, dans le fond, je le trouvais peu susceptible» d’être exécuté , attendu les inconvéniens des rivières qui» devaient servir de canaux sur plus des deux tiers de la lon-» gueur du Canal. Je travaillai de nouveau à faire un second» devis, que j’entortillai de manière que la route que devait» tenir le Canal, fut trouvée impraticable dans l’exécution. Je» jugeai que c’était le seul mo} r en de mettre en défaut les talens» de M. de Clerville. M. de Riquet, après avoir approuvé mou» idée , me recommanda le plus grand secret, afin d’empêcher» les commissaires du Roi de se mêler en aucune manière de ce
un édit au mois (Toctobre 1666, portant qu’il serait procédé incessamment à laconstruction du Canal de navigation des deux mers, conformément au devis faitpar le chevalier de Clerville, qui n était autre que celui du sieur de Riquet .......
c’est-à-dire, autre que celui de F. Audreossy.