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Tome I.
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HISTOIRE

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Le long des cotes de la Manche , des villages entiers ont éléensevelis sons les sables. Les plantations de l’espèce de joncsappelée oyas ( 1 ), suffisent pour fixer les sables. On fiche cesjoncs sur les dunes où ils se multiplient. J’ai cru reconnaîtredans la Basse-Egypte l’oya dans toutes les parties élevées desbords du fleuve, qui ne sont point recouverts par l’inondation.L’emploi de l’oya serait bien utile dans un pays où les sablesse sont établis, et menacent de faire de nouveaux ravages.

La marche que suivent les courans dans les graux, par les-quels les lagunes communiquent à la mer, et les rivières débou-chent dans les golfes , présente un phénomène singulier dontnous devons la connaissance aux Vénitiens. Les atterrissemensconsidérables, qui se formèrent dans leurs lagunes, vers le milieudu dix-septième siècle , les avaient engagés à détourner de ceslagunes , les eaux de la Brenta, de la Livenza, de la Piave etdu Sile. Cette diversion changea l’état de leurs graux: les uns,et c’étaient ceux où il n’entrait plus d’eau douce, perdirent leurpasse à la gauche, et s’en firent une nouvelle à la droite ; les autresperdirent leur passe de droite , et s’en firent une nom 7 elle à lagauche.

Géminien Montanari, qui s’apperçut le premier de ce dépla-cement, remarqua aussi qu’il y avait dans le golfe de Venise uncourant de gauche à droite le long du rivage, courant que lesmarins qui se tiennent ordinairement à une lieue des côtes ,avaient éprouvé. Montanari reconnut sans peine, en jetant lesyeux sur la route des marins, que ce courant avait au moinsune lieue de large, et s’assura, par des expériences directes ,qu’il parcourait environ 5ooo , ou. tout au plus G5oo mètres en

( i ) Arundo avenaria, Linn. (Voyez la note iv, aux notes et pièces justifica-tives. )