HISTOIRE
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CHAPITRE Y.
j De la comparaison des produits et des consommationsdes sources 3 et des prises d’eau du Canal du Midi .
En même temps que le Canal du Midi reçoit la vie et l'activitédes eaux recueillies, distribuées et dépensées avec l'art qu’exi-gent la durée et l’importance de la navigation, la frêle existencede cette grande machine se trouve en prise, d'un côté auxpluies d'orage qui descendent à torrens en suivant les pentesdes collines qui la dominent; de l’autre, aux crues des récipiensprincipaux qui s’élèvent quelquefois jusqu’à la hauteur de sesbords, et rompent la faible barrière qui retient ses eaux dansleur lit.
Nous avons vu dans le troisième chapitre, de quelle manièrel’art était parvenu à surmonter, par des ouvrages appropriésà leur nature, les obstacles que les torrens opposaient à la navi-gation du Canal : mais quoique la trop grande abondance deseaux soit plus à redouter que leur pénurie, celle-ci n’est pasexempte d’inconvéniens. Tandis que les filtrations minent sour-dement les digues du Canal, et consomment beaucoup d’eauen pure perte , l’évaporation journalière accroît un déchetqui est d’une importance majeure, sur-tout dans les temps dedisette ; car le climat sous lequel se trouve le Canal du Midi ,présente, dans certaines années, les météores les plus terribles;et dans d’autres , l’absence totale de ces météores , pendantplusieurs mois, condamne le pays à la sécheresse la plus alar-mante.