à ses besoins immodérés de chauffage, de constructions, d’arts,de manufactures , de guerre et de navigation. L’homme ne son-geant qu’aux jouissances présentes , n’a vu , dans le repeu-plement des forêts, qu’un simple bénéfice pour ses héritiers ;et il aurait dû. l’envisager comme un des plus grands bienfaits.L’influence des arbres, et, en général, des végétaux sur la for-mation des sources, est trop connue, et les conséquences dudanger des grandes sécheresses pour les productions de la terre,la santé de l’homme et la vie des animaux, sont trop bien démon-trées , pour qu’un pareil état de choses ne fixe point l’attentiond’un Gouvernement sage et réparateur.
L’aménagement des forêts devient donc, sous tous les rap-ports , un objet de la plus haute importance. Il est indispensablepour la conservation des sources qui alimentent les Canauxnavigables , et le maintien du régime des cours d’eau naturels,dont la navigation combinée avec celle des cours d’eau artifi-ciels, donne à un grand Etat le système de communications toutà-la-fois le plus avantageux et le plus économique. La théoriedes Canaux navigables a été mise en pratique avec un grandsuccès ; mais l’art de régler les rivières et les torrens ne meparaît être, ni aussi sûr, ni porté à un si haut degré de perfec-tion, que celui des Canaux navigables. Les Italiens ont beaucoupécrit sur cette matière , et ils ont exécuté , dans ce genre, degrands travaux. Je ne sais s’ils doivent être pris exclusivementpour guides; et nous avons observé que la rectification du coursdes rivières d’Italie avoit produit des inconvéniens majeurs.
En adoptant les principes de théorie qui se trouvent établis,et auxquels on doit s’empresser de rendre hommage , il ne fautpoint perdre de vue qu’il n’y a pas de matières où ces principessoient plus susceptibles d’être modifiés par les circonstances phy-siques. Il faudra donc faire entrer , comme élémens essentiels ,