a 7i
sont les seules machines dont se servent aujourd’hui les Egyp-tiens. Ils élèvent aussi les eaux à une hauteur médiocre avec descoufes, que deux hommes mettent en mouvement au moyen decordes de filamens de dattier, qui y sont attachées.
On assure que les Maures avaient rétabli dans le royaume deGrenade les canaux d’irrigation, que les Romains y avaient lais-sés : ils avaient aussi fait des réglemens sages et bien entendus,pour l’administration des eaux, qui était confiée, pour la partiecontentieuse, à un jury de quelques paysans.
L’expérience a prouvé dans l’Aberdeenshire , en Angleterre,que, si l’on fait couler un ruisseau à la surface d’un maraiscouvert de bruyères, pendant un espace de temps assez consi-dérable , non-seulement les bruyères disparaissent, mais lemarais devient par degrés susceptible de donner de l’heibe enabondance , aussi bien que du blé et d’autres grains, que dansson état naturel il n’aurait pu produire. Ces effets continuent,long-temps après que l’eau en est retirée; et la fertilité de ceterrain ne peut se perdre, que par une trop grande négligence,et à une époque très-éloignée (1).
L’eau convient particulièrement à l’amélioration des tei’resdans les pays montueux, parce que leur situation les rend pres-que inaccessibles à d’autres engrais. Aussi est-ce dans les paysde hautes montagnes , qu’on voit l’industrie prévoyante ethabile avec simplicité, suppléer à ce que la nature refuse à laterre dans ces régions, où de longues sécheresses , et des cha-leurs dévorantes dépouillent les plantes et les arbres. C’est aussidans les montagnes que des filets d’eau , favorisés par unehauteur de chute suffisante, mettent en mouvement d’utilesscieries , et de-là , vont alimenter ces canaux d’irrigation , quiforcent des terrains arides à se couvrir de fruits et de moissons.
(i) National irrigation , by William Tatham, London 1S01.