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Tome I.
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DU CANAL DU MIDI . 2 7 5

Si l’on est obligé d’arroser un terrain très-incliné , on ledivise en bandes plus ou moins larges , que l’on couronne derigoles continues, ayant leurs bondes du côté du versant; en sorteque la rigole supérieure devient tout-à-la-fois fossé d’irrigation,et canal alimentaire par rapport à la rigole inférieure , et quel’eau, en se rendant par déversement de l’une à l’autre, arrosele terrain qui les sépare.

Il est aisé de voir que le terrain destiné à l’irrigation, ne doitêtre ni trop incliné , ni trop creux : dans le premier cas , ilconsommerait trop d’eau; elle n’y séjournerait pas assez long-temps , et le terrain serait raviné : dans le second, elle y séjour-nerait trop, et produirait le mauvais effet des eaux stagnantes.Cette observation , très-conforme à la nature des choses , estdue à Columelle ; elle est rapportée par Palladio comme uneobservation judicieuse. Quelques auteurs pensent qu’il faut, pourune bonne irrigation, 52 centimètres de pente par 200 mètres ,5 o à 60 pour 400 v mètres, et 1 mètre pour -’800 mètres.i 5 centimètres par 200 mètres ne donnent pas une pente assezforte; et avec 52 centimètres , on aurait un écoulement troprapide (1).

Il est certain que le trop long séjour des eaux sur une prai-rie , dans certaines saisons, rend les herbes de mauvaise qualité :mais il semble que les cultivateurs cèdent à cet égard au pré-jugé qui existe en Piémont, et probablement dans d’autres pays,que plus un terrain est inondé , plus il est productif; pré-jugé qui paraît très-nuisible au progrès de l’agriculture. Néan-moins diverses méthodes d’irrigation , employées dans quelquesprovinces des États-Unis d’Amérique , semblent devoir appor-ter des modifications à ce principe.

(') Dictionnaire A Agriculture de l’abbé Rozier, au mot Irrigation .