S<s ASTRONOMIE, Liv. II.
naviguoîent terre-à-terre, sans s’écarter des côtes, ôc n’en-treprenoient aucun voyage de long cours. On voit dansle III e . Livre de rOdyííée, combien il falloit aux Héros dela Grece de préparatifs , de délibérations pour traverser laMer Egée. Virgile, toujours attentif au Costume, fait ran-ger toutes les côtes de Grece ôc de Sicile à la flotte Troyen-ne , fans la conduire en haute mer , pour fe conformer auxpratiques de ces premiers temps : après savoir menée aubout de l’Italie , il lui fait faire le long circuit de la Sicile,plutôt que de la conduire aux bouches du Tybre par le dé-troit de Mefline ; on redoutoit encore alors la rencontrede Caribde ôc de Scylla, qui du temps de Virgile n’épou-vantoient plus personne.
197. Mais rien ne fit plus de bruit avant le siège deTroye , que l’expédition des Argonautes , c’est-à-dire, letrajet de la Propontide qui est aujourd’hui la Mer de Mar-mara , entre le détroit des Dardanelles ôc celui de Constan-tinople, ôc du Pont Euxin qui est actuellement la Mer Noire.On regarda ce voyage comme un exploit merveilleux : lesDieux même passerent pour avoir été frappés de la har-diesse de l’entreprife ; ôc l’on plaça dans le ciel ( 1 6 1 ) cevaisseau mémorable , qui avoir été depuis Iolchos, villesituée au fond du golfe de Thessalie , où l’on a bâti depuisla ville de Démétriade, jufqu’à l’embouchure du Phase ;voyage que font actuellement toutes les barques de Tur-quie. ( Koye-^ M. Caflini, Origine de /’ Astronomie. )Navigation 198- Tandis que les Grecs étoient si peu instruits dansdes Phéniciens. ] a science des astres , ôc si timides dans leur navigation,lesPhéniciens avoient formé furies côtes de Syrie un Etat opu-lent : on retrouve des vestiges de leurs colonies ôc des noms-propres tirés de leur langue fur les trois côtes de la Sicile,(Voyez le Chanaan de Sam. Bochart),dans les principalesifles de la Méditerranée, le long des côtes de Barbarie, enEspagne , ôc fur-tout dans la Bétique ou Andalousie. Toutce pays , ôc spécialement le Betis ou Guadalquivir, portoitalors le nom de Tarjis * : les Phéniciens en tiroient du blé,
* Paufanias in Eliacis fecwidis , c’est-à-dire , dans son second Voyage dç
VElide.