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Collection archéologique du Prince Pierre Soltykoff : horlogerie: description et iconographie des instruments horaires du XVIe siècle ; précedée d'un abrégé historique de l'horlogerie au Moyen Âge et pendant la Renaissance suivie de la bibliographie complète de l'art de mesurer le temps depuis l'antiquité jusqu'a nos jours / par Pierre Dubois
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COLLECTION ARCHÉOLOGIQUE

qui, grotesquement accoutrés, et armés l’un et l’autre d’un marteau, frap-paient les heures sur la cloche. Toutes ces merveilles impressionnaient lesesprits; et lorsque dans le silence de la nuit, l’horloge du haut du clocherde l’église ou de la tour du monastère, faisait entendre sa voix métallique,les femmes et les enfants tressaillaient d’etfroi : il leur semblait qu’une puis-sance surnaturelle présidait aux mouvements qui s’accomplissaient dans lamachine aux rouages d’airain. (Voy. mon travail sur l’horlogerie, dans leMoyen Age et la Renaissance.)

Le vm e siècle avait vu progresser les arts, le commerce et l’industrie :Charlemagne, dans sa magnifique cour d’Aix-la-Chapelle , entouré de sesvaleureux chevaliers, se reposait le front ceint de la couronne impérialequ’il avait méritée par sa sagesse et ses succès dans les combats. Les artisteset les savants des nations circonvoisines se rassemblaient autour de lui, etaugmentaient par leurs travaux sa puissance morale et sa gloire. On voyaits’élever, sur divers points de son vaste empire, de splendides monumentsdans lesquels l’art antique se mêlait non sans grâce avec l’art byzantin.

Cette première renaissance des arts en Europe se prolongea jusqu’aux e siècle. Là, le règne des Carlovingiens finit et celui des Capétiens com-mence. Le chef de cette nouvelle dynastie veut aussi comme Charlemagne dissiper les ténèbres de la barbarie qui enveloppaient encore le Nord etl’Occident ; mais s’il réussit en partie ce fut grâce au foyer intellectuel queles Arabes de la péninsule ibérique entretenaient à Cordoue , à Grenade, àBarcelone , et qui, de ces capitales alors si florissantes, répandait au loin sesclartés éblouissantes et régénératrices.

Ces vives lueurs de là science et des beaux-arts pénétraient surtout dansles couvents, qui, à leur tour, devenaient autant de foyers d’où s’échappaitla lumière.

La géométrie, l’astronomie, l’algèbre, la physique, la mécanique, la poésie,la musique, etc., étaient enseignées dans ces couvents. Les religieux qui sefaisaient le plus remarquer à cette époque par leurs profondes connaissancesétaient l’archevêque de Reims, Adalbéron, le moine Gerbert, Notger , Eccard,Echert, Adson, Constantin, évêques, abbés ou simples moines. Ce furent ceshommes qui mirent en honneur les sciences exactes, qui cherchèrent àétendre les applications de la mécanique, et ce fut enfin l’un d’eux, le moineGerbert, qui trouva cette solution vainement cherchée jusqu’alors, desmachines horaires marchant sans le secours d’une force hydraulique. Dèsce moment, la mesure du temps fut soumise à des lois rationnelles : Véchap-