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Collection archéologique du Prince Pierre Soltykoff : horlogerie: description et iconographie des instruments horaires du XVIe siècle ; précedée d'un abrégé historique de l'horlogerie au Moyen Âge et pendant la Renaissance suivie de la bibliographie complète de l'art de mesurer le temps depuis l'antiquité jusqu'a nos jours / par Pierre Dubois
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DU PRINCE SOLTYKOFF. 17

pement régla le rouage, et la pesanteur lui donna le mouvement. (V. note l re .)

Cependant la science progressait toujours dans les monastères : deuxsiècles ne sétaient pas encore écoulés que déjà les horloges fonctionnaientdans les tours massives des cathédrales, des abbayes et des châteaux, notam-ment en Allemagne et dans les Flandres.

Jusque- les horloges nétaient pas munies du rouage auxiliaire de lasonnerie. Le besoin de ce rouage se faisait particulièrement sentir dans lescouvents ou les religieux étaient obligés de veiller à tour de rôle pour avertirles moines des devoirs religieux quils avaient à remplir pendant la nuit.

L histoire ne nous dit pas quel fut linventeur de ce mécanisme, mais ilest certain qu il fut adapté aux horloges sous le règne de Philippe Auguste ,car il en est fait mention dans les Usages de Vordre de Cîteaux, compilésvers 1120, livre il est prescrit au sacristain de régler lhorloge de manièrequ elle sonne et léveille avaut les matines. Dans un autre chapitre du mêmelivre, il est ordonné aux moines de prolonger la lecture jusquà ce quelhorloge sonne. (Yoy. dom Calmet , Commentaire littéral sur la réglé de savitBenoît, t. 1 er , p. 279-280.)

Huet, dans son origine de Caen , dit quen 1314 on voyait sur le pont dela ville une horloge sur le timbre de laquelle était gravée cette inscription :

Puisque la ville me loge

Sur ce pont pour servir dorloge,

Je ferai les heures ouir

Pour le commun peuple rejouir.

Cette horloge sonnante fut faite par Beaumont, horloger de Caen .

Nous voici au xm e siècle. Saluons larchitecture byzantine qui sen va,mais saluons aussi larchitecture gothique qui lui succède.

Née sous le ciel de lOrient, elle vint en France à la suite des Croisades. elle se fait chrétienne, et drapée dans sa robe de pierre, elle élève sesclochetons aigus, ses élégantes et longues ogives, ses hardis arceaux, sestourelles mignonnes bien au-dessus des édifices romans ou byzantins . Bientôt,passant en Allemagne , en Suède , en Hongrie , en Suisse , en Flandre , etc.,elle séjourne à Cologne , à Coblentz , à Strasbourg , à Upsal , àBude, et dansplusieurs villes de lEurope , elle fait comme en France ladmiration deshommes de goût.

Ce fut sous Philippe-Auguste que les peintres verriers, remplaçant lesmosaïstes, couvraient les vitraux des cathédrales, des abbayes, des châteaux,

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