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COLLECTION ARCHÉOLOGIQUE
L’HORLOGE AMOUREUSE
.L’Orloge est, au vray considérer,
Un instrument très bel et très notable,
Et s’est aussy plaisant et pourfitable,
Car nuict et iour les heures nous aprentPar la soubtilité qu’elle comprentEn l’absence méisme dou soleil :
Dont on doit mieuls prisier son appareil,
Ce que les autre instruments ne font pas,
Tant soient faits par art et par compas :
Dont celi tiens pour vaillant et pour sageQui en treuva primièrement l’usage,
Quant par son sens il commença et fitChose si noble et de si grant proufit.
Or, vœil parler de l’estât de l’Orloge :
La premeraine roe (roue) qui y loge,
Celle est la mere et li commencemensQui faict mouvoir les aultres mouvemensDont l’Orloge a ordenance et maniéré :
Pour ce poet (peut ) bien ceste roe première
Signifier très convignablement
Le vray Désir qui le coer d’omme esprent.
Le plomk (le poids) trop bien à la Beauté s’accorde.Plaisance s’est montrée par la cordeSi proprement, qu’on ne poroit mieulz dire ;
Car tout ensi que le contrepois tireLa corde à lui, et la corde tirée,
Quant la corde est bien à droit atirée,
Retire à luy et le fait esmouvoir,
Qui aultrement ne se poroit mouvoir :
Ensi Beauté tire à soy et esveilleLa Plaisance dou coer.
Après , affiert à parler dou dyal (mouvement diurne ,
Et ce dyal est la roe iournal
Qui, en ung iour naturel seulement,
Se moet (se meut) et fait un tour précisément :
Ensi que le soleil fait un seul tourEntour la terre en un naturel jour.
En ce dyal, dont grans est li mérites,
Sont les heures xxmi descrites :