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COLLECTION ARCHÉOLOGIQUE
toutefois que ntadame fera sa livrée et sera aux despens de madicte dametoutes les fois qu’il venra visiter ledit oreloge et qu’il y faudra aucune chose,et y doit venir toutefois que on le mandera ; lequel ouvrage ledit Pierre doitrendre tout fait et assis audit clochier dedans le jour de Pacques prochainvenant, toutes lesquelles choses ont été faites et ordonnées par Colard Le-vesque et Jehan de Chastillon, clercs et secrétaires et madicte dame.
Un peu plus tard, en 1427, le duc de Bourgogne paye 1,000 livres àHenry Zvvalis, docteur en médecine pour recompensation d’un orloige qu’ila fait pour le duc, contenant le mouvement des plauettes, des signes et desétoiles. » (Ces deux pièces sont extraites des Registres de la ville de Dijon parM. le comte Alex, de Laborde.)
L’Europe seule n’eut pas le monopole de la fabrication des horloges pen-dant les siècles qui précédèrent la Renaissance. Les peuples de l’Orient, àces mêmes époques, étaient aussi très-habiles dans l’art de construire desinstruments propres à mesurer le temps.
M. l’abbé Bargès, professeur d’hébreu à la Sorbonne, savant orientaliste,vient de publier une curieuse histoire des souverains de Tlemcen (in-12),dans laquelle il donne une description pleine d’intérêt d’une horloge arabedu quatrième siècle (1358).
Après avoir parlé de la magnificence du palais d’Abou-Hammou, sultan deTlemcen , M. l’abbé Bargès ajoute ceci :
« .... Ce qui excitait surtout l’admiration des spectateurs, c’était lamerveilleuse horloge qui décorait le palais du roi. Cette pièce de mécaniqueétait ornée de plusieurs figures d’argent d’un travail très-ingénieux et d’unestructure solide.
« Au-dessus de la caisse s’élevait un buisson, et sur ce buisson était per-ché un oiseau qui couvrait ses deux petits de ses ailes. Un serpent qui sortaitde son repaire, situé au pied même de l’arbuste, grimpait doucement versles deux petits, qu’il voulait surprendre et dévorer. Sur la partie antérieurede l’horloge étaient dix portes, autant que l’on compte d’heures dans la nuit,et à chaque heure une de ces portes tremblait en frémissant ; deux portesplus hautes et plus larges que les autres occupaient les extrémités latéralesde la pièce. Au-dessus de toutes ces portes et près de la corniche, l’onvoyait le globe de la lune qui tournait dans le sens de la ligne équatoriale,et représentait exactement la marche que cet astre suivait alors dans lasphère céleste. Au commencement de chaque heure, au moment où la portequi la marquait faisait entendre son frémissement, deux aigles sortaient