DU PRINCE SOLTYKOFF. 25
tout à coup du fond des deux grandes portes, et venaient s abattre sur unbassin de cuivre, dans lequel ils laissaient tomber un poids également decuivre, qu’ils tenaient dans leur bouche. Ce poids, entrant dans une cavitéqui était pratiquée dans le milieu du bassin, roulait dans l’intérieur del’horloge. Alors le serpent, qui était parvenu au haut du buisson, pous-sait un sifflement aigu et mordait l’un des petits oiseaux, malgré les crisredoublés du père, qui cherchait à les défendre. Dans ce moment, laporte qui marquait l’heure présente, s’ouvrant toute seule, il paraissaitune jeune esclave, douée d’une beauté sans pareille, portant une cein-ture en soie rayée. Dans sa main droite, elle présentait un cahier ouvertoù le nom de l’heure se lisait dans une petite pièce écrite en vers ; elletenait la main gauche appliquée sur sa bouche, comme quand on salue unkhalife. »
L’horloge s’appelait en arabe la Menganah. Elle parut pour la premièrefois à la fête du Mauled, l’an 760 de l’hégyre, qui correspond à l’année1358-9 de notre ère.
Cette machine merveilleuse avait pour auteur un fameux alfakih deTlemcen , nommé Abou’l-Hassan Ali ben Ahmed.
On sait que ce fut vers la fin du xiv° siècle que l’on commença à ornerles horloges d’automates de fer qui par un moyen mécanique frappaient lesheures sur la cloche des horloges monumentales. Ces automates prirentd’abord dans les Flandres le nom de Jacquemart, lequel fut donné par lasuite à tous les automates sonnant les heures. Ceux qui ont été dès l’origineadaptés à l’horloge de Dijon ont fourni l’occasion à divers historiens dedisserter sur la formation et signification de ce mot Jacquemart. Ménagecroit qu’il vient du mot latin Jaccomarchiadus (Jacque de maille, habillementde guerre). On sait qu’au moyen-âge on avait l’habitude de placer, au som-met des tours ou des clochers, des hommes chargés de veiller au repos pu-blic; pour avertir de l’approche de l’ennemi, des incendies, des vols, desmeurtres, etc. Plus tard une meilleure organisation de la police permit desupprimer ces sentinelles nocturnes ; peut-être a-t-on voulu en conserverle souvenir en fabricant des hommes en fer qui sonnaient les heures.D’autres écrivains cherchent à prouver que le mot Jacquemart, vient du nomde Jacques Marck, qui vivait au xiv e siècle, et qui serait, suivant eux, l’in-venteur de ces sortes d’horloges.
Le savant Gabriel Peignot , auteur d’une dissertation sur le Jacquemartde Dijon, est d’un avis contraire. Il établit qu’en 1422, un nommé Jacque--
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