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Collection archéologique du Prince Pierre Soltykoff : horlogerie: description et iconographie des instruments horaires du XVIe siècle ; précedée d'un abrégé historique de l'horlogerie au Moyen Âge et pendant la Renaissance suivie de la bibliographie complète de l'art de mesurer le temps depuis l'antiquité jusqu'a nos jours / par Pierre Dubois
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DU PRINCE SOLTYKOFF. 25

tout à coup du fond des deux grandes portes, et venaient s abattre sur unbassin de cuivre, dans lequel ils laissaient tomber un poids également decuivre, quils tenaient dans leur bouche. Ce poids, entrant dans une cavitéqui était pratiquée dans le milieu du bassin, roulait dans lintérieur delhorloge. Alors le serpent, qui était parvenu au haut du buisson, pous-sait un sifflement aigu et mordait lun des petits oiseaux, malgré les crisredoublés du père, qui cherchait à les défendre. Dans ce moment, laporte qui marquait lheure présente, souvrant toute seule, il paraissaitune jeune esclave, douée dune beauté sans pareille, portant une cein-ture en soie rayée. Dans sa main droite, elle présentait un cahier ouvert le nom de lheure se lisait dans une petite pièce écrite en vers ; elletenait la main gauche appliquée sur sa bouche, comme quand on salue unkhalife. »

Lhorloge sappelait en arabe la Menganah. Elle parut pour la premièrefois à la fête du Mauled, lan 760 de lhégyre, qui correspond à lannée1358-9 de notre ère.

Cette machine merveilleuse avait pour auteur un fameux alfakih deTlemcen , nommé Aboul-Hassan Ali ben Ahmed.

On sait que ce fut vers la fin du xiv° siècle que lon commença à ornerles horloges dautomates de fer qui par un moyen mécanique frappaient lesheures sur la cloche des horloges monumentales. Ces automates prirentdabord dans les Flandres le nom de Jacquemart, lequel fut donné par lasuite à tous les automates sonnant les heures. Ceux qui ont été dès lorigineadaptés à lhorloge de Dijon ont fourni loccasion à divers historiens dedisserter sur la formation et signification de ce mot Jacquemart. Ménagecroit quil vient du mot latin Jaccomarchiadus (Jacque de maille, habillementde guerre). On sait quau moyen-âge on avait lhabitude de placer, au som-met des tours ou des clochers, des hommes chargés de veiller au repos pu-blic; pour avertir de lapproche de lennemi, des incendies, des vols, desmeurtres, etc. Plus tard une meilleure organisation de la police permit desupprimer ces sentinelles nocturnes ; peut-être a-t-on voulu en conserverle souvenir en fabricant des hommes en fer qui sonnaient les heures.Dautres écrivains cherchent à prouver que le mot Jacquemart, vient du nomde Jacques Marck, qui vivait au xiv e siècle, et qui serait, suivant eux, lin-venteur de ces sortes dhorloges.

Le savant Gabriel Peignot , auteur dune dissertation sur le Jacquemartde Dijon, est dun avis contraire. Il établit quen 1422, un nommé Jacque--

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